Entre l'article de Mediapart sur la liste étudiante d'extrême droite et la bande dessinée sur l'Europe, la campagne de la tête de liste de la République en marche pour les élections européennes a été marquée, ces dernières semaines, par plusieurs polémiques.

Nathalie Loiseau lors du meeting de lancement de sa campagne pour les Européennes, le 30 mars 2019, à Aubervilliers.
Nathalie Loiseau lors du meeting de lancement de sa campagne pour les Européennes, le 30 mars 2019, à Aubervilliers. © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Lors d'une réunion publique le 26 avril, à Brest (Finistère), Nathalie Loiseau a redit devant ses sympathisants que les attaques la rendait "encore plus déterminée" et lui donnait "encore plus envie de gagner". Il faut dire que la tête liste de la République en marche pour les élections européennes est particulièrement ciblée depuis le début de la campagne.

Sa déclaration de candidature

La scène se déroule en direct, le 14 mars, sur le plateau de l'Émission politique de France 2. Nathalie Loiseau, alors ministre chargée des Affaires européennes, annonce sa candidature aux élections européennes : "Madame Le Pen je voudrais vous dire bravo. Bravo parce que vous avez réussi à me faire changer d'avis (...) Donc ce soir, c'est vrai, je suis prête à être candidate."

Une annonce que n'a pas hésité à torpiller la présidente du Rassemblement national. Après avoir pouffé une première fois, Marine Le Pen éclate de rire, rendant quasiment inaudible le discours de Nathalie Loiseau, et commente, remettant en cause la spontanéité de cette sortie : "C'est trop mignon".

Sa participation à une liste d'extrême droite quand elle était étudiante

Le 22 avril, Mediapart rappelle que Nathalie Loiseau a fait partie d'une liste étudiante d'extrême-droite lorsqu'elle était à Sciences Po, en 1984. "Je n'ai pas regardé les autres colistiers, j'ai eu tort, a déclaré la tête de liste à France Inter, plaidant la bonne foi. Vous avez sûrement fait des conneries à vingt ans, et bien voilà : moi j'en ai fait une."

"Connerie" ou non, et même si son camp fait bloc derrière elle, la polémique est lancée. "Nathalie, paye ta cotis' !", a ironisé Jordan Bardella, tête de liste RN. Le patron des Républicains Laurent Wauquiez a lui aussi commenté : "Je laisse chaque Français juge de se demander si après de telles révélations, on peut encore faire confiance à une personne comme Mme Loiseau, et si après un tel double discours il peut y avoir encore le moindre crédit qui s'attache à ses paroles."

Sa BD sur l'Europe

Nathalie Loiseau est l'auteure d'une bande dessinée pour enfants intitulée "L'Europe en BD", publiée mi-avril. Dans la semaine du 23 avril, l'une des planches est diffusée sur le réseau social Twitter. Elle met en scène un enfant polonais, qui affirme : "Moi, je suis Polonais. Eh bien, deux garçons qui se marient, en Pologne, même pas en rêve". L'instituteur lui répond "Nous avons des différences, c'est sûr, et il faut se respecter."

"Qu'apprenons-nous aux enfants ? Que l'homophobie est culturelle, qu'il faut la tolérer chez nos voisins ?", interroge Guillaume Mélanie, co-président d'Urgence Homophobie. Dimanche 28 avril, Nathalie Loiseau répond à ces accusations sur son compte, affirmant que "décrire la Pologne telle qu’elle est ne veut pas dire qu’on l’approuve". Elle joint à son tweet une page de son livre "Choisissez tout" dans lequel elle précise qu'elle a des frères homosexuels. Dans une interview au magazine Têtu, elle dénonce une "polémique de caniveau".

"J'avais l'impression d'être une romanichelle"

Interrogée lundi 29 avril sur France Culture, à propos de l'ENA qu'Emmanuel Macron a annoncé vouloir supprimer, Nathalie Loiseau évoque le "conservatisme" auquel elle s'est heurtée, lorsqu'elle a pris la direction de l'école : "Je n’ai pas été accueillie avec des fleurs en n’étant pas ancienne élève de l’ENA, femme de moins de 50 ans." Avant d'ajouter : 

J’avais l’impression d’être une romanichelle quand je suis arrivée à la tête de l’ENA

Là encore, ses propos font polémique. Ce mardi, sur France Info, la secrétaire d’État chargée des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a reconnu des "mots maladroits".

Son soutien à Ciudadanos

Autre sortie très commentée ce lundi 29 avril, les félicitations, sur Twitter, de Nathalie Loiseau au parti de centre-droit espagnol Ciudadanos après les élections générales en Espagne. Très vite, le PCF souligne que Ciudadanos s'est allié au parti d'extrême droite Vox au parlement d'Andalousie.

Perfidement, le PCF ajoute : "Sûrement une autre erreur de jeunesse", en référence à la polémique sur la liste étudiante d'extrême droite à laquelle a participé Nathalie Loiseau.

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