C'est un parti en crise. De ces élections européennes, Les Républicains ressortent clairement perdant, avec deux fois moins de sièges obtenus par rapport à la précédente mandature. Dans les rangs, certains pointent du doigt la ligne trop "droitière" de Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse a laché le mot "démission".

Laurent Wauquiez, le président du parti Les Républicains, au soir de l'annonce des résultats des élections européennes, le dimanche 26 mai.
Laurent Wauquiez, le président du parti Les Républicains, au soir de l'annonce des résultats des élections européennes, le dimanche 26 mai. © Maxppp / Vincent Isore

"Une défaite douloureuse", "des résultats très décevants", "très mauvais" : les mots sont forts dans les rangs du parti Les Républicains pour qualifier le score du parti de droite. La liste emmenée par François-Xavier Bellamy a terminé en quatrième position, derrière le RN, LREM et les écologistes avec 8.48 %. Les LR perdent ainsi plus de la moitié de leurs sièges au Parlement européen et semblent assister à leur propre effondrement, comme les socialistes il y a deux ans. "Disons la vérité, c'est un échec pour notre liste", déclarait, dès dimanche soir, le président du Sénat Gérard Larcher. Les deux ministres, ex-LR, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire ont quant à eux estimé que Laurent Wauquiez avait mis son ancienne famille politique "dans le mur" et que ce score était "un désastre" pour la droite.

Lundi soir, le parti dirigé par Laurent Wauquiez doit d'ailleurs réunir son bureau politique. Chef de file depuis début 2008, celui qui dirige aussi la région Auvergne Rhône-Alpes devra sûrement faire face aux attaques de certains cadres du parti, qui lui reprochent depuis l'annonce des premières estimations dimanche une ligne trop conservatrice

Wauquiez dans le viseur de Pécresse

Mais lundi matin, c'est la présidente de l’Île-de-France qui a mis les deux pieds dans le plat. Valérie Pécresse a déclaré pour sa part qu'"à la place" et "dans la situation" de Laurent Wauquiez, elle démissionnerait de la présidence des Républicains. Précisant toutefois que "le sujet n'est pas personnel. Le sujet, c'est celui de la ligne politique de la droite, et aussi celui de sa stratégie", appelant à "élargir" le parti aux personnalités qui s'en sont éloignées. 

"Il a saccagé la fin de campagne de Bellamy" poursuit son entourage, évoquant notamment sa présence sur le plateau de France 2 et France Inter lors du second débat des européennes. "S'il reste à son poste, il sera assigné à résidence pour les municipales, personne n'en voudra sur son affiche" juge un proche de Valérie Pécresse estimant par ailleurs que les seniors lui font payer "son attitude sur les 'gilets jaunes'". 

"Il faut dé-ringardiser la droite"

Sur France Inter, lundi matin, Geoffroy Didier a également jugé que la droite devait faire "sa révolution mentale et idéologique", ajoutant que si le parti n'opérait pas ces changements, "il mourrait". "Il faut dé-ringardiser la droite et abandonner son conservatisme sociétal" a ajouté celui qui dirigeait la campagne de François-Xavier Bellamy.  À France Inter, un ancien ministre estime enfin que la "survie" de LR est en jeu et que "s'il veut persévérer, Laurent Wauquiez va devoir trouver une nouvelle source de légitimité". 

"Une question de ligne plus que de personne"

De son côté, l'entourage de Laurent Wauquiez s'accorde à dire qu'il s'agit d'une "question de ligne" plus que "de personne" mais rappelle à France Inter que tous ceux qui peuvent critiquer le président du parti "étaient tous autour de François-Xavier Bellamy lors du meeting parisien de la Porte Maillot" et souligne que Laurent Wauquiez a "un acquis", celui d'avoir "redonné de la fierté à la base militante". 

"Je ne pense pas qu'il soit dans la perspective de démissionner", a déclaré Nadine Morano, députée européenne, candidate LR à l'élection européenne, lundi sur franceinfo, saluant aussi le "courage" qu'a eu Laurent Wauquiez en prenant les rennes du parti. L'élue estime que le LR va devoir "se remettre en question" et déplore surtout "des dissensions qui durent depuis des mois, la partition personnelle des uns et des autres" au sein des Républicains. 

Le plus mauvais score de la droite républicaine aux Européennes

Sur le plan comptable, et même s'il est difficile de comparer ces chiffres, ce score est en effet le plus mauvais de la droite aux élections européennes depuis 1979. Comme le montre cette courbe qui compare les scores de LR, du Parti socialiste et du Rassemblement national, que ce soit au temps de l'UMP ou du RPR, jamais elle n'était descendue sous la barre des 10 %

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