Pour ceux qui auraient du mal à comprendre pourquoi certains salariés au bord de la crise de nerf séquestrent leurs patrons, vous pouvez toujours vous pencher sur cette étude publiée par 13 chercheurs européens dans le rapport HIRES (Health in restructuring). Elle démontre parfaitement que les restructurations d’entreprises ont un impact majeur sur la santé des salariés, notamment en termes de stress. Un rapport qui a la particularité de s’intéresser aux « survivants » de ces réorganisations. En clair ceux qui ont la chance de ne pas prendre la porte et de conserver leur travail au sein d’une entreprise qui a été restructurée. On peut y lire que ces survivants voient leur santé se dégrader aussi bien sur le plan physique que psychologique. Que les restructurations affectent certes les salariés victimes de licenciements ( ils connaissent l’angoisse et un fort sentiment d’insécurité), mais également ceux qui restent et qui peuvent souffrir de culpabilité, d’un déclin de confiance vis-à-vis de leur société et d’un stress particulièrement violent dû à une nouvelle organisation et l’intensification de leur travail. « L’OMS parle de la crise comme d’une catastrophe épidémiologique majeure qui pourrait se traduire par une augmentation des dépressions, des troubles cardio-vasculaires, voir d’une augmentation des suicides et donc de la mortalité » explique ainsi Claude Emmanuel Triomphe, de l’Association Travail Emploi Europe Société. Nos chercheurs préconisent donc que les employeurs et les syndicats se préoccupent tout autant de la sauvegarde des emplois et des indemnisations, que de la santé des salariés qui est rarement prioritaire dans ces périodes de bouleversements de la vie des entreprises. Voilà un bon sujet de réflexion pour nos futurs élus.

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