À moins de deux mois des européennes, comment financer les réunions, les déplacements des candidats ? C'est la question que se posent de nombreux partis d'opposition confrontés à la frilosité des banques qui, souvent, leur refusent un prêt. Des partis obligés de se tourner alors vers leurs électeurs.

Pour pouvoir mettre son affiche sur ce panneau officiel, il faut déjà avoir trouvé un financement pour la campagne et ça devient de plus en plus compliqué pour les partis
Pour pouvoir mettre son affiche sur ce panneau officiel, il faut déjà avoir trouvé un financement pour la campagne et ça devient de plus en plus compliqué pour les partis © AFP / Boris HORVAT

Le manque d'argent, un problème récurrent au Rassemblement national. À chaque campagne, le parti doit trouver des solutions, hors banques françaises. Jordan Bardella, tête de liste, s'en est à ému jeudi dernier, lors du débat entre 12 têtes de listes sur France Inter et France 2.

Aujourd'hui, le système bancaire, les amis de monsieur Macron, refusent de prêter aux partis d'opposition.

Des propos déjà tenus quelques semaines plus tôt sur Radio Classique.

Comme le RN, de nombreux partis sont confrontés à la frilosité des banques, soit parce qu'elles craignent d'être associées à un mouvement, soit parce qu'elles ont peur de ne pas être remboursées. À La France Insoumise, on a donc trouvé une solution. Un emprunt populaire, lancé par Jean-Luc Mélenchon, le 31 mars.

Le succès est immédiat, 1 million d'euros récolté au bout de trois jours, 1 million et demi au bout de cinq jours.

Un succès inattendu pour le trésorier de La France Insoumise, Bastien Lachaud, "La rapidité avec laquelle nous avons obtenu les sommes, ça dépasse nos attentes." L'emprunt populaire sera donc désormais "un passage obligé" admet le trésorier, "les banques mettent énormément de temps à examiner les dossiers et quand elles émettent un avis favorable, l'argent arrive très tard".

Emprunt populaire pour tous (ou presque...)

Les Insoumis qui font des émules : le Rassemblement National, doit à son tour lancer une souscription, Marine le Pen l'a annoncé il y a quelques jours. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, y réfléchit sérieusement. Quant à Génération.s, le parti de Benoît Hamon, il ouvrira cette semaine sur le web une plateforme dédiée. "Une banque militante" explique le trésorier Bastien Recher, où les sympathisants pourront donner, prêter, ou se porter garant, en cas de défaillance, si Génération.s n'obtient pas 3% des voix, seuil nécessaire pour être remboursé. 

L'emprunt populaire n'est pas la solution miracle pour tous. Malgré une souscription lancée, il y a plusieurs mois, le NPA de Philippe Poutou a lui jeté l'éponge. Faute de moyens suffisants pour mener campagne. 

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