Au lendemain des élections européennes, la droite et les sociaux-démocrates qui régnaient jusqu'ici sur le Parlement européen ne disposeront plus de la majorité comme ils l’ont toujours eue. Les premiers résultats promettent un parlement morcelé comme jamais.

Vue du Parlement européen de Strasbourg, avril 2019.
Vue du Parlement européen de Strasbourg, avril 2019. © Radio France / Xavier Demagny

À Strasbourg, la droite et les sociaux-démocrates se partageait jusqu'à présent les postes influents et le pouvoir. Mais au lendemain de ce scrutin européen, qui s'est déroulé du 23 au 26 mai, une grande recomposition s’engage, qui concernera aussi la Commission de Bruxelles. 

Le  PPE, qui réunit les partis de la droite et du centre droit comme les Républicains, est en tête, suivi des socialistes européens (S&D), le groupe dont fait partie le PS. Mais selon les résultats, encore provisoire,s ces deux familles politiques des pères fondateurs perdent chacune une quarantaine de sièges : les conservateurs garderaient 179 eurodéputés contre 217 sous l’ancienne mandature, les sociaux-démocrates 150 contre 187

Jeux d'alliance

Pari tenu, en revanche, pour les centristes et les libéraux qui ont prévu de s’allier : ils deviennent la troisième force politique. Avec un peu plus d’une centaine de sièges, ils devraient pouvoir jouer le rôle pivot auquel ils aspirent. Mais il faudra compter avec le nouveau poids des Verts européen qui obtiendront dans la future assemblée au moins 70 élus, une vingtaine de plus qu’en 2014. C’est une très forte progression. 

Les trois groupes nationalistes et eurosceptiques ne siégeront pas ensemble. Les jeux d’alliance ne font que commencer mais les deux groupes les plus à droite affichent des scores en nette hausse. Le Groupe Europe des Nations et des Libertés dans lequel siègent la Ligue italienne et le Rassemblement National gagneraient une vingtaine de sièges. 

Un scrutin marqué enfin par une très forte hausse de la participation : un citoyen européen sur deux en moyenne s’est rendu aux urnes, un score jamais égalé depuis vingt ans. 

Les chefs des groupes politiques pro-européens entameront dès ce lundi des discussions autour d’un projet de coalition.  Ils veulent  imposer l’un des leurs à la tête de la future Commission européenne et présenter sur le sujet un front commun avant le conseil des chefs d’État et de gouvernement de mardi soir.  

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