41 listes sont engagées pour les élections européennes en Allemagne, où il n'y a pas de seuil d'éligibilité (contre 34 listes en France). Une profusion de listes qui ne profite pas aux eurosceptiques : en France, leur audience est presque deux fois plus importante.

41 listes sont en course en Allemagne pour les élections européennes, 34 en France (illustration).
41 listes sont en course en Allemagne pour les élections européennes, 34 en France (illustration). © AFP / MICHAEL KAPPELER

Comme en France, l'Allemagne a enregistré un record pour ces élections européennes de mai 2019 : 41 listes ont été validées par la commission électorale, contre 31 en 2009, le précédent record. Une profusion qui s'explique en partie par le fait qu'il n'y a pas de seuil d'éligibilité en Allemagne : même avec moins de 1% des voix, une liste peut espérer envoyer au moins un candidat au Parlement européen. En France, où le seuil d'éligibilité est fixé à 5%, 34 listes sont en course pour le scrutin, du jamais-vu là aussi. Mais au jeu des sept différences, celle qui saute aux yeux, c'est le faible poids des eurosceptiques outre-Rhin : ils sont quasiment deux fois moins puissants qu'en France.

Les pro-européens en tête en Allemagne

En Allemagne, le vote qui se profile est un "oui" massif pour l'Europe : les listes pro-européennes recueilleraient, le soir des élections, entre 69 et 76% des voix. Rien que les trois partis qui, d'après les sondages, font la course en tête, font la promotion de l'Europe et de ses institutions : la CDU (chrétiens-démocrates, parti de la chancelière Angela Merkel), les Verts (écologistes) et le SPD (sociaux-démocrates).

Les eurosceptiques et les anti-européens, en revanche, sont à la traîne. S'ils sont représentés par une dizaine de listes, leur audience est plus limitée. Les populistes de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) et le parti de gauche radicale Die Linke, les deux partis critiques de l'UE les plus influents en Allemagne, sont crédités, dans une projection réalisée par le Parlement européen mi-avril, d'environ 18% des voix. 

Même s'il est difficile de comparer des sondages, en France, le rapport de force est différent. Selon l’étude réalisée par l’institut de sondage Ipsos Sopra Steria pour Radio France et France Télévisions le 5 mai dernier, les listes qui critiquent ouvertement le fonctionnement de l'Union européenne recueilleraient, le soir du 26 mai, au moins 42,5% des voix, sans compter les listes plus modestes qui ne sont pas prises en compte dans l'étude.

On retrouve dans ces listes, parmi celles qui sont créditées du plus grand nombre d'intentions de vote : le Rassemblement national de Marine Le Pen (22%), la France insoumise qui veut sortir des traités européens (8%), ou Debout la France dont le président Nicolas Dupont-Aignan est tête de liste pour les européennes (5%).

On retrouve finalement, dans ces intentions de vote, le sentiment général des Français et des Allemands vis-à-vis de l'UE. D'après le dernier Eurobaromètre, qui questionne régulièrement les citoyens partout dans l'Union, 76% des personnes interrogées en Allemagne estiment qu’appartenir à l'Union européenne est "une bonne chose" pour leur pays. En France, le chiffre tombe à 54 %.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.