Une campagne du ministère de l'Intérieur incitant à voter aux élections européennes a été refusée par Twitter. Le réseau social a estimé qu'elle pouvait enfreindre la nouvelle loi française contre les fausses nouvelles.

La loi relative à "la manipulation de l'information" a été promulguée le 22 décembre 2018 (Illustration).
La loi relative à "la manipulation de l'information" a été promulguée le 22 décembre 2018 (Illustration). © AFP / DIPTENDU DUTTA

"Ce n'est pas la loi qui se retourne contre nous, c'est un hébergeur qui ne s'y conforme pas", assure-t-on au gouvernement. Le réseau social Twitter, en l’occurrence, qui a décidé de refuser une campagne portée par le ministère de l'Intérieur et coordonnée par le Service d'information du gouvernement (SIG), le principal organe de communication de l'État.

Pour inciter les citoyens français à voter aux élections européennes, le SIG était prêt à financer une campagne intitulée "#Ouijevote" sous forme de tweets sponsorisés sur le réseau social. Mais l'initiative a été bloquée par Twitter qui invoque le risque d'enfreindre la loi visant à lutter contre les fausses informations.

Réaction du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner (sur Twitter) : "La priorité de Twitter devrait être de combattre les contenus faisant l'apologie du terrorisme. Pas les campagnes incitant à s'inscrire sur les listes électorales d'une république démocratique."

"Jusqu'au-boutiste"

Le texte, promulgué le 22 décembre, impose aux plateformes comme Google, Facebook ou Twitter, de fournir les informations sur les publicités politiques qu'elles diffusent contre rémunération, notamment le montant payé et l'identité des promoteurs. Un candidat ou un parti peut également saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de "fausses informations" durant les trois mois précédent le scrutin.

Selon le SIG, si Google ou Facebook ont pris des dispositions pour se conformer à la loi, "Twitter ne sait pas faire ça aujourd'hui et a donc décidé d'avoir une politique complètement jusqu'au-boutiste qui est de couper toute campagne dite de nature politique".

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