[scald=67361:sdl_editor_representation]par Catherine Lagrange

RULLY, Saône-et-Loire (Reuters) - La candidate écologiste à la présidentielle française Eva Joly, à l'origine d'un cafouillage dans l'opposition de gauche, exclut de se retirer de la compétition tout en admettant avoir été "rugueuse" envers son allié socialiste.

Le Parti socialiste a suggéré de tourner la page d'un incident avec son allié écologiste qui a grippé la campagne de son candidat François Hollande, toujours favori face à Nicolas Sarkozy mais en chute dans les sondages.

En déplacement en Bourgogne, Eva Joly a répondu par un 'non' catégorique à la presse qui lui demandait si elle envisageait un possible retrait.

"Il y a aura un bulletin avec le nom Eva Joly le 22 avril et, si les électeurs le veulent, aussi la semaine d'après", a-t-elle déclaré.

Elle conteste avoir été "recadrée" par son parti, où on l'a priée pourtant de toutes parts de se montrer moins vive vis-à-vis du PS, avec lequel son parti Europe Ecologie-Les Verts a passé un accord au forceps.

"Je suis une femme libre, j'ai la langue un peu rugueuse, mais je porte le discours d'Europe écologie. Toute ma vie j'ai eu le sens du jeu collectif, mais ça passe pas un langage de vérité et j'ai bien fait de dire que l'intervention d'Areva était inacceptable", a-t-elle dit.

La société Areva a admis être intervenue auprès du PS pour s'inquiéter d'un passage de l'accord entre les deux partis concernant l'avenir de la filière du retraitement des déchets nucléaires. Eva Joly a de ce fait estimé que le PS était "du bois dont on fait les marionnettes".

MOSCOVICI PARLE "D'INCIDENT DE CAMPAGNE"

Eva Joly entend présenter son équipe de campagne jeudi avec de nouveaux porte-parole, après la démission de Yannick Jadot, titulaire jusqu'ici de ce poste.

Elle avait mis le feu aux poudres mercredi en refusant dans un premier temps de dire si elle appellerait à voter pour François Hollande au second tour de la présidentielle.

Jeudi matin, le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici, a parlé "d'incident de campagne comme il en arrive tant" et a appelé au rassemblement après le premier tour de la présidentielle.

"Maintenant, il faut que la parenthèse soit fermée", a-t-il dit sur RTL. Il a insisté sur l'accord passé avec EELV, qui prend acte du désaccord sur le nucléaire mais prévoit de laisser la possibilité aux écologistes d'être candidats uniques dans de nombreuses circonscriptions aux législatives de 2012.

"Les accords sont faits pour être respectés mutuellement. Au premier tour (de la présidentielle), les gens choisiront quelle option énergétique ils souhaitent et au second tour, on se rassemble, quel que soit le candidat arrivé en tête au premier", a-t-il dit.

"L'important, c'est de préparer l'alternative à Nicolas Sarkozy dans ce pays, et tout le monde doit le comprendre", a-t-il ajouté.

Eva Joly devait reprendre sa campagne de terrain dans la journée par un déplacement en Bourgogne. Elle apparaît très affaiblie en interne après la démission de son porte-parole.

François Hollande est crédité d'environ 30% des voix au premier tour de la présidentielle par les sondages, tandis qu'Eva Joly est située à environ 5%.

Avec Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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