[scald=100669:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La candidate écologiste à la présidentielle française, Eva Joly, mise sur l'anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima cette semaine pour relancer sa campagne, qui semble pour l'instant patiner.

Dans la foulée d'un séisme et d'un tsunami, le 11 mars 2011, trois des réacteurs de la centrale japonaise de Fukushima étaient entrés en fusion, déclenchant des explosions en série et diffusant dans l'atmosphère des matières radioactives. Plusieurs dizaines de milliers d'habitants ont dû quitter leurs foyers.

Eva Joly a organisé lundi une conférence de presse en compagnie de plusieurs personnalités japonaises et devait participer dans la soirée à une rencontre publique sur le même thème. Elle a insisté, dans un entretien sur RTL, sur le fait qu'à ses yeux cet événement légitimait sa candidature.

"Tous les jours je me dis que ma candidature est vraiment très importante et notamment aujourd'hui car nous sommes à quelques jours de l'anniversaire de Fukushima", a-t-elle dit.

"En France, nous n'avons pas tiré les conséquences de cet accident. On n'a pas compris que le temps où on pensait que l'énergie nucléaire était une énergie pas chère et sûre est terminé. Nous savons qu'il y a un vrai risque d'accident qu'on peut chiffrer", a-t-elle ajouté.

Elle a souligné que l'accident au Japon avait interdit à la population l'accès à une zone "grande trois fois comme la Corse". L'ancienne juge d'instruction stagne jusqu'ici dans les sondages à 2% ou 3% des intentions de vote à l'exception d'une enquête plus récente de LH2 qui la situe à 4,5%.

Depuis sa victoire-surprise face à Nicolas Hulot l'été dernier dans la primaire de son parti, Eva Joly a compromis l'issue de sa campagne par plusieurs déclarations contestées au sein même de sa formation, comme la proposition mi-janvier d'instaurer un jour férié pour les juifs et les musulmans.

L'appel au centriste François Bayrou pour un accord de désistement, lors de ses voeux à la presse début janvier, avait aussi fortement troublé. Il lui est reproché dans le parti écologiste de n'avoir pas assez centré sa campagne sur l'environnement, du coup totalement absente du débat.

Eva Joly a notamment prévu cette semaine un déplacement à Limoges sur le thème de la santé des agriculteurs et de la nocivité des pesticides, mardi. Elle doit prononcer un discours samedi à Lyon, à la convention nationale de son parti, sur le thème de la transition énergétique.

Le sujet divise Europe écologie-les Verts (EELV) et le PS, deux partis qui ont pourtant signé un accord. Les écologistes prônent la sortie du nucléaire, tandis que le candidat PS François Hollande propose de réduire la part du nucléaire dans l'énergie électrique de 75% à 50% d'ici 2025.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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