[scald=110757:sdl_editor_representation]par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Hospitalisée après une chute accidentelle, la candidate écologiste à la présidentielle, Eva Joly, est en bonne santé et a décidé de poursuivre une campagne rendue plus difficile encore par l'absence de soutien de Nicolas Hulot.

Elle devait sortir lundi ou mardi de l'hôpital et maintient pour l'instant tous ses engagements, notamment un meeting à Nantes prévu mardi soir, a dit à la presse la secrétaire nationale du parti Europe écologie-Les Verts, Cécile Duflot.

Selon la Constitution, si un candidat est empêché avant le premier tour, "le Conseil constitutionnel prononce le report de l'élection". Le délai supplémentaire ne peut excéder 35 jours.

L'ancienne juge d'instruction, 68 ans, est tombée et s'est blessée à la tête dimanche soir en sortant d'un cinéma à Paris où elle venait de voir le film de Lucas Belvaux "38 témoins", dit son entourage.

Elle a brièvement perdu connaissance et a été conduite dans le service cardiovasculaire de l'hôpital Cochin pour y subir des examens, qui sont rassurants, dit l'Assistance publique.

"Il existe plusieurs hématomes superficiels du visage et de la paupière droite. Les investigations cardiovasculaires ont été négatives, la chute est très vraisemblablement d'origine mécanique", a dit le professeur Simon Weber dans un communiqué.

L'équipe de campagne d'Eva Joly va se réunir pour décider des modalités de la suite de la campagne, après un ultime examen lundi et après discussion avec Eva Joly, a dit Cécile Duflot.

"Tous les événements de campagne sont maintenus. On va avoir une petite discussion avec elle. Par ailleurs, elle a eu un choc sur la tête, ça fait mal et ça fait aussi un bleu", a dit la patronne d'EELV aux journalistes.

LE "LÂCHAGE" DE HULOT

Cette péripétie intervient alors qu'Eva Joly aborde la dernière ligne droite de la campagne dans une position difficile, à en croire les sondages, qui la créditent de 2% ou 3% d'intentions de vote au premier tour le 22 avril.

On ignore si, au moment de sa chute, elle avait ou non connaissance des déclarations au journal de 20h00 de France 2 de l'ancien animateur de télévision devenu chantre de l'écologie politique Nicolas Hulot, battu l'été dernier par l'ex-juge dans la "primaire" organisée par le parti écologiste.

"Je vote pour la planète", a dit Nicolas Hulot, refusant de dire s'il prendrait le bulletin Eva Joly le 22 avril: "Je ne veux plus rentrer dans ce jeu-là, je pense que l'écologie est au-dessus des partis. Je me déterminerai en temps utile".

L'appareil du parti écologiste a peu apprécié qu'il se dédise, puisqu'il avait annoncé après sa défaite à la primaire qu'il soutiendrait Eva Joly. "Je le prends mal car je suis très attaché au respect de la parole donnée", a dit sur RTL le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé.

Eva Joly devait tenter de relancer sa campagne à partir de mardi avec une première opération de distribution dans toutes les grandes gares d'un fascicule mettant en avant le slogan "L'écologie, c'est le vrai changement".

Deux grands meetings à Grenoble et Paris sont prévus avant le premier tour. Eva Joly est sous pression notamment du candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui, selon les sondages, a capté une grande partie de son électorat, marqué à gauche.

Il n'est pas question pour le moment d'une remise en cause des accords passés entre le Parti socialiste et EELV pour les élections législatives du mois de juin, réservant aux écologistes un nombre de circonscriptions à même de leur permettre la constitution d'un groupe parlementaire.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a souhaité lundi à la candidate écologiste un prompt rétablissement.

Avec Sophie Louet et Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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