[scald=66599:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Eva Joly, la candidate écologiste à l'élection présidentielle, se dit plus décidée que jamais à aller jusqu'au scrutin du printemps prochain et prend ses distances avec l'accord électoral passé entre son mouvement et le Parti socialiste.

Dans un entretien publié par Le Monde daté de mercredi, elle a des mots durs pour les socialistes et juge qu'ils peuvent être soupçonnés d'être les "marionnettes" de la filière nucléaire.

Des doutes étaient apparus sur le maintien de l'ex-juge dans la course présidentielle. Elle s'était mise en retrait depuis une dizaine de jours pendant que la polémique se déroulait entre les deux partis sur l'accord, qu'elle n'approuve pas.

"(Je suis) plus décidée que jamais à porter le mandat que j'ai reçu lors des primaires de mon parti. Je veux réussir le rendez-vous entre la France et l'écologie", dit-elle.

Sur le texte commun signé par le PS et Europe écologie-Les Verts la semaine dernière, elle avoue que "cet accord ne (la) fait pas rêver" et critique le volet nucléaire du projet présidentiel du PS, dont le candidat est François Hollande.

"La vérité, c'est que les amis de François Hollande se sont révélés archaïques face à la modernité de notre projet. Face à ces blocages, mon travail plus que jamais sera de convaincre les Français", dit-elle.

Eva Joly critique le rôle du géant du nucléaire Areva, qui a admis être intervenu auprès du PS au sujet d'un paragraphe de l'accord sur la reconversion de la filière du retraitement et du combustible, retiré puis maintenu avec des précisions.

"J'ai été outrée, scandalisée, de l'intervention d'Areva dans les discussions avec le PS. Faire connaître un point de vue est une chose. S'immiscer dans la vie démocratique pour réécrire un paragraphe d'un accord entre partis en est une autre", dit-elle.

"Il pèse désormais sur les socialistes le soupçon d'être du bois dont on fait les marionnettes, et on ne me fera pas croire que c'est bon pour la politique", ajoute Eva Joly.

Elle entend ainsi mener campagne contre eux sur ses propres thèmes. "Je vais parler de sortie du nucléaire et je crois que nous gagnerons cette bataille dans les urnes", dit-elle, ajoutant: "Je ne me tairai pas, car je ne suis pas une femme sous influence".

Le PS et EELV ont fait le constat de leurs désaccords dans leur texte commun, le PS ne souhaitant que réduire la part du nucléaire dans l'énergie électrique de 75% à 5% d'ici 2025.

Cependant, les deux partis sont d'accord pour aller de concert à la bataille des élections législatives, le PS réservant à son partenaire des circonscriptions où il représenterait seul les deux organisations.

Dans les sondages, François Hollande est à environ 30% des voix au premier tour, Eva Joly autour de 5%.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.