L'ex-magistrate, virulente contre le volet nucléaire de l'accord électoral conclu dans la confusion entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts (EELV), se retrouve considérablement isolée au point que certains écologistes, comme Daniel Cohn-Bendit, se posent la question de sa candidature en 2012.

"Une fausse stratégie vous amène dans le mur", a estimé l'eurodéputé écologiste sur i-télé.

Pour les socialistes et certains écologistes, la goutte d'eau de trop est tombée mercredi, lorsqu'Eva Joly a refusé sur RTL de dire si elle appellerait à voter pour François Hollande au second tour de la présidentielle - si tel est le scénario.

"Je ne me trompe pas d'ennemi", a-t-elle toutefois assuré, alors que plusieurs voix au PS et à EELV l'accusent de faire le jeu du président sortant à force d'ambiguïté.

"Mon objectif est de battre Nicolas Sarkozy", a-t-elle ajouté. "Je suis très consciente que nous sommes dans le même bateau avec les socialistes".

Son directeur de campagne a tenté de clarifier la situation.

"La déclaration a été surinterprétée", a dit Sergio Coronado sur BFM TV, assurant qu'il est "évident" qu'Eva Joly votera au soir du second tour "pour le candidat le mieux placé à gauche".

Le Parti socialiste, d'abord par la voix de Jean-Marc Ayrault sur France Info, a rappelé à l'ordre la candidate écologiste et a sommé la secrétaire nationale d'EELV, Cécile Duflot, de clarifier sa position. Message relayé par la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry.

L'ADVERSAIRE, C'EST SARKOZY, DIT LE PS

"Passer son temps à taper sur François Hollande, alors que l'adversaire principal c'est bien sûr Nicolas Sarkozy, ce n'est pas la gauche de solidarité qui est nécessaire pour que la France se redresse", a dit le chef du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

Dans un entretien publié mardi dans Le Monde après quelques jours de silence médiatique, Eva Joly accusait François Hollande d'être à la solde du groupe nucléaire Areva et d'être "du bois dont on fait les marionnettes".

"Quand on se prétend de gauche et quand on prétend créer les conditions de la victoire, il ne faut pas se tromper d'adversaire, il faut aller à l'essentiel", a insisté Jean-Marc Ayrault.

Et d'ajouter : "Est-ce que Mme Joly est devenue une candidate indépendante qui vit sa vie toute seule, ou est-ce qu'elle est la candidate des Verts? Je pose la question à Cécile Duflot, qu'elle clarifie cette situation".

La candidate socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, s'est dite pour sa part choquée par l'attitude d'Eva Joly.

"Ça me choque, parce qu'il faut éviter les anathèmes", a dit la présidente de Poitou-Charentes sur Europe 1.

Mais le coup le plus dur pour Eva Joly, créditée de 3% à 5% des intentions de vote, est venu de son propre camp.

"CUL-DE-SAC"

Yannick Jadot, son porte-parole, a annoncé mercredi sur son compte Twitter qu'il démissionnait de ses fonctions en raison de son "désaccord avec la nouvelle ligne politique d'Eva Joly".

Yannick Jadot a longuement expliqué cette décision dans le journal de Claire Servajean

Pour Daniel Cohn-Bendit, la candidate "s'est mise dans un cul-de-sac".

"La grande majorité du potentiel des électeurs écologistes votera au deuxième tour François Hollande. Point à la ligne. Le reste, c'est de la littérature", a-t-il dit sur i-télé, commentant les propos d'Eva Joly sur RTL.

"Que la voix d'Eva Joly manque dans l'urne ou ne manque pas dans l'urne, ça ne va pas faire la différence. La différence, c'est que le parti Europe Ecologie va faire campagne au deuxième tour contre Nicolas Sarkozy pour le candidat de la gauche, donc pour vraisemblablement François Hollande", a dit Daniel Cohn-Bendit, remettant implicitement en cause la candidature Joly.

"Elle avait envie d'être candidate. Ce n'est pas à moi de décider si quelqu'un doit se retirer ou pas".

Edité par Yves Clarisse

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