En exclusivité pour France Inter, l’Institut Ipsos a questionné 500 jeunes dans la perspective de la présidentielle. 87% d'entre eux ont l'intention de se déplacer pour ce scrutin. Invités à noter les candidats, ils jugent par ailleurs qu'Emmanuel Macron est celui qui répondrait le mieux à leurs attentes.

Dans un bureau de vote du 16e arrondissement de Paris, en juin 2021.
Dans un bureau de vote du 16e arrondissement de Paris, en juin 2021. © AFP / Benoît Durand

À sept mois de l’élection présidentielle, comment les jeunes voient-ils l’avenir ? Sont-ils optimistes ? Quelles sont leurs préoccupations, leurs attentes ? Vont-ils se déplacer pour glisser un bulletin dans l'urne ? Ont-ils le sentiment qu’un candidat peut répondre aux aspirations de leur génération ? Ce sont toutes ces questions qui ont été posées à un panel de jeunes, de 18 ans à 29 ans, dans le cadre d'une enquête de l’Institut Ipsos en exclusivité pour France Inter. 

59% "certains d'aller voter"

Lors du premier tour des élections régionales, c’était l’une des tranches d’âge de la population qui s’était le moins rendue dans les urnes. Près de 90% des inscrits de 18 ans à 24 ans ne s’étaient pas rendus dans un bureau de vote. Preuve que l’élection présidentielle attire les électeurs, 87% des jeunes sondés ont de "grandes chances" ou sont "certains" d'aller voter. Ils sont seulement 4% à se dire certains de ne pas aller voter.  

Ce résultat est conforté par une autre question posée au panel de jeunes. 64% affirme avoir des attentes fortes vis-à-vis de l’élection présidentielle de l’an prochain. La majorité des jeunes qui ont répondu "oui" sont des habitants de grandes métropoles, des diplômés, issus de famille de classe moyennes ou supérieurs. À l’inverse, ceux qui n’ont pas forcément d’attente de la futur élection présidentielle sont, pour 40% d’entre eux, habitants de zones rurales, de catégories populaires, et qui ont un diplôme inférieur au Bac. 

Emmanuel Macron, le candidat qui répondrait le mieux aux attentes 

Les résultats ne sont pas forcément encourageants pour la classe politique. Dans ce sondage, les jeunes étaient invités à noter sur 10 les différents candidats ou probables candidats à la présidentielle : "Si selon vous il sera capable de répondre aux attentes et aux aspirations de votre génération ?" C’est le président Emmanuel Macron qui recueille la meilleure note. Mais il n'atteint pas la moyenne avec 4,2/10. Il est suivi de Jean-Luc Mélenchon et Xavier Bertrand (3,9/10), quand Marine Le Pen et l’écologiste Yannick Jadot sont notés 3,8/10. La moins bonne note est attribuée au polémiste Éric Zemmour.  

"On voit que les jeunes sont intéressés par le politique" analyse Mathieu Gallard, le directeur d'études au département Public Affairs d'Ipsos. 

Les jeunes pourraient se rendre aux urnes, encore faut-il qu’il y ait un candidat qui les motive. De ce point de vu là, on a le sentiment que ce n’est pas encore gagné.

De l’optimisme pour leur propre avenir 

Les jeunes ont confiance en l’avenir, le leur, pas celui de la France, où le pessimisme est majoritaire. 74% des sondés se disent optimiste pour leur propre avenir. Ils sont seulement 48% à l’être quand il pense à l’avenir du pays. Dans le détail, le sondage montre que la grande majorité des sondés optimistes pour leur futur sont des jeunes cadres, des diplômés Bac + 3 et plus, mais aussi des sympathisants LR et LREM. À l’inverse, un tiers des jeunes pessimistes pour leur avenir sont des habitants de zones périurbaines, des jeunes peu diplômés et en recherche d’emploi.  

Ce qui préoccupe les jeunes 

Les difficultés en termes de pouvoir d’achat et la protection de l’environnement sont les enjeux qui préoccupent le plus les jeunes interrogés dans le sondage. Près d’un tiers des sondés a également évoqué l’avenir du système social et la montée des inégalités. 

Concernant leur perception de la société, ils ont le sentiment que la principale fracture dans la société française est la fracture sociale pour 55% des jeunes, liée au niveau de salaire et de patrimoine, puis la fracture identitaire, en fonction de la religion ou de l’origine (40%). La fracture générationnelle apparaît secondaire à leur yeux car elle arrive en dernière position. Elle est en revanche prégnante au sein même de leur génération. 67% des jeunes interrogés estiment qu’il y a des différences très profondes entre les jeunes au niveau de leurs conditions de vie comme de leurs valeurs. "On parle souvent de l’idée qu’il y aurait des générations, les Millénials par exemple, qui seraient spécifiques dans leur mode de vie ou leurs goûts culturels", explique à France Inter Mathieu Gallard, d'Ipsos. "Ce que l’on constate, c’est que les jeunes n’ont pas du tout le sentiment d’appartenir à une même génération. Les deux-tiers d’entre eux rejettent cette opinion."

Les jeunes à la recherche d'emploi oubliés pendant la crise 

Plus de la moitié des jeunes interrogés considèrent que le gouvernement a laissé de côté les jeunes qui commençaient à chercher du travail ou qui débutaient leur vie professionnelle, depuis le début de l’épidémie de Covid-19. Pour 60% des jeunes, les étudiants ont été oubliés. En revanche, ils sont 10% à penser que le gouvernement n’a pas soutenu les chefs d’entreprises.