Mercredi, Benjamin Griveaux, candidat à la mairie de Paris, a reconnu avoir traité ses rivaux pour l’investiture LREM “d’abrutis”, avant de s’excuser. Avant lui, d’autres politiques s’étaient laissés aller à quelques jurons plus ou moins fleuris.

La plus connue des insultes politiques, rentrée dans la culture politique et populaire, est certainement le "Casse-toi pauvre con" de Nicolas Sarkozy
La plus connue des insultes politiques, rentrée dans la culture politique et populaire, est certainement le "Casse-toi pauvre con" de Nicolas Sarkozy © AFP / PATRICK KOVARIK

Une éruption verbale mal venue en vue du rassemblement de son camp pour les municipales à Paris : après avoir été désigné candidat de la République en Marche la semaine dernière, Benjamin Griveaux a dû présenter des excuses à ses anciens concurrents à l’investiture. L’hebdomadaire Le Point avait révélé, quelques heures plus tôt, qu’il avait traité ses concurrents “d’abrutis”, allant jusqu’à qualifier l’un d’entre eux de “fils de pute”.  

Si ces débordements ont défrayé la chronique, ce ne sont pas les premiers. Régulièrement, les hommes et femmes politiques se laissent aller à des insultes envers leurs homologues, mais aussi envers des anonymes ou des journalistes. Petit florilège.  

“Guignols” : Laurent Wauquiez et les députés LREM 

C'est une affaire qui avait fait la une début 2018 : le patron du parti Les Républicains avait été enregistré, à son insu, lors d’une intervention dans une école de management à Lyon. Il avait alors tenu de nombreux propos qu’il pensait être “off”. Entre autres tirs à boulets rouges, il avait notamment visé les députés de la majorité qu’il avait qualifiés de “Guignols”, affirmant qu’avec eux et Emmanuel Macron “il y a une dictature totale en France”.  Sur Valérie Pécresse, la patronne de la région Île-de-France, il avait dit:  "Ah le nombre de conneries qu'elle peut faire". 

“Salope” : Patrick Devedjian et Anne-Marie Comparini 

Remontons en 2007 : la scène est filmée par les caméras de TLM, la télé lyonnaise, qui suit les premiers pas de Michel Havard, député UMP fraîchement élu. Le député Renaud Muselier le présente à Patrick Devedjian, qui, lui, vient de quitter l’Assemblée. “Voici celui qui a battu Anne-Marie Comparini [la députée PS sortante, ndlr], il a fait un tabac”, déclare Renaud Muselier. On entend alors Patrick Devedjian rétorquer : “Cette salope...". Suite à cette scène, immortalisée devant les caméras, l’élu altoséquanais avait été amené à présenter des excuses publiques.  

“Ta gueule” : Daniel Cohn-Bendit au Parlement Européen 

L’ex-député européen Daniel Cohn-Bendit est connu pour son tempérament de feu et ses colères. En 2010, au moment de l’investiture d’une nouvelle équipe de la Commission européenne, il fait un long discours enflammé pour dénoncer “la coalition des hypocrites”. Et à Martin Schulz, président des eurodéputés socialistes, qui essaie d’intervenir, il lance un “Ta gueule” en plein milieu de son intervention.  

“Connard” vs “Faux cul” : Cohn-Bendit (encore) et Gilbert Collard 

C'est la séquence la plus récente de cette sélection : elle se déroule sur le plateau de TF1 le soir des élections européennes en mai dernier. Côte à côte, Daniel Cohn Bendit et Gilbert Collard se disputent violemment après que le député RN affirme que son voisin de table est “un représentant de la Réublique en Marche”. Le ton monte et explose en insultes : “Connard”, “ignoble ordure”, “faux cul” et “sale traître”, peut-on entendre voler, alors que les présentateurs de la soirée tentent désespérément de ramener le calme sur le plateau.  

“Putain !” : Bruno Le Maire en interview 

Pour une fois, le gros mot ne vise personne. Dans cette séquence de 2016, on voit simplement un Bruno Le Maire, alors candidat à la primaire de la droite et du centre, répondre à une interview du YouTubeur Hugo Travers, il dit son envie que “n’importe quel Français dans n’importe quelle école se dise “Putain ! Je suis Français, c’est la classe”. Une grossièreté assumée au point que le candidat Le Maire la reprend alors sur son compte Twitter.  

“Pauvre con” : Nicolas Sarkozy au Salon de l’Agriculture 

Certainement la phrase la plus connue de la sélection : en plein salon de l’Agriculture 2008, Nicolas Sarkozy répond à un homme qui refuse sa poignée de main. Au “Touche-moi pas, tu me salis”, le président de la République répond ce désormais célèbre “Casse-toi pauv’con”. Une phrase depuis reprise par ses adversaires politiques – mais aussi dans la culture populaire, réutilisée par exemple par François Ozon dans Potiche ou en chanson par Michel Delpech.  

“Merde intégrale” : Nicolas Dupont Aignan et le journaliste Frédéric Haziza 

Le président de Debout la France Nicolas Dupont Aignan répète souvent son aversion pour les journalistes français (et n’hésite pas à dire en interview qu’il les “emmerde”). Dans cette séquence filmée par Canal + dans l’émission “Eldin Reporter”, on voit le député avoir un échange vif avec le journaliste Frédéric Haziza. Celui-ci se solde par l’insulte “Vous êtes une merde intégrale”. “On est deux”, répond le journaliste.  

“Collabo” : Eric Woerth et la députée Catherine Coutelle 

La scène se produit à l’Assemblée nationale, le 15 septembre 2010... à 6h20 du matin. Les députés sont au travail sur le projet de réforme des retraites, quand la députée PS Catherine Coutelle interpelle le ministre du travail Eric Woerth. “Monsieur le ministre, vous nous avez plutôt habitués à mentir. Chez vous, cela semble être une seconde nature, voire votre nature", déclare-t-elle. “Collabo !” rétorque, à voix basse – mais suffisamment haute pour être entendu par les secrétaires de la séance et par d’autres parlementaires.  

“Petit chien” : Maxime Gremetz et Bruno Le Roux 

Nous sommes toujours à l'Assemblée, cette fois pendant une réunion sur le nucléaire au Japon. Le député communiste Maxime Gremetz, connu pour ses coups de sang, fait irruption dans la salle - à l’origine pour une histoire de voiture mal garée - et perturbe la session. Alors que la situation s’envenime, il s’en prend au député PS Bruno Le Roux, qui lui fait une remarque – inaudible sur les images vidéo. “Viens-là ! Tu n’es pas un homme, tu es un petit chien”.  

“Fromage lyophillisé” : Mélenchon et Hollande 

S’il a souvent été virulent, Jean-Luc Mélenchon a aussi su faire preuve d’un langage plus fleuri. Ainsi, dans une interview publiée en 2010 sur le site Causeur, le leader de l’ex-Front de Gauche déclarait : “Si c'est l'heure des caractères, vous avez besoin de moi. Si ce n'est pas l'heure, surtout passez-vous de moi parce que c'est mieux d'avoir des gens plus tranquilles qui vont vous arranger ça, des François Hollande et tous les autres fromages lyophilisés que vous pouvez trouver". 

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