[scald=70583:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Fillon a pressé dimanche François Hollande de mettre un terme aux "dérapages" germanophobes entendus ces derniers jours au sein du Parti socialiste français.

Lors d'un déplacement dans le Val d'Oise, le Premier ministre a estimé que le candidat socialiste à la présidentielle devait faire preuve de fermeté, au risque de paraître complaisant.

"Nicolas Sarkozy n'a pas de leçon de patriotisme à recevoir de la part de ceux qui croient défendre l'intérêt national en caricaturant nos alliés allemands", a déclaré François Fillon.

"Il est grand temps que François Hollande trouve la fermeté de mettre un terme aux dérapages de ses amis, parce qu'un candidat à la présidentielle ne peut pas être l'otage complaisant d'une dérive stupide aux relents germanophobes", a-t-il ajouté.

François Fillon a fait allusion aux "responsables politiques qui se mettent à parler de Bismarck et de Munich à propos de nos amis allemands au moment où nous devons avec eux défendre l'héritage de la construction européenne".

Sont mis en cause les propos du député PS Arnaud Montebourg pour qui "la question du nationalisme allemand est en train de resurgir au travers de la politique à la Bismarck" de la chancelière allemande Angela Merkel.

Un autre député socialiste, Jean-Marie Le Guen, a qualifié la rencontre Sarkozy-Merkel de "Daladier à Munich", ce qui revient implicitement à comparer la chancelière à Adolf Hitler.

Dans le Journal du dimanche, François Hollande estime qu'il faut éviter "les phrases qui blessent", mais "se dire la vérité" entre alliés.

"Nous devons éviter de part et d'autre des déclarations qui pourraient donner le sentiment que nous sommes en conflit alors que nous avons des différends qu'il nous appartient de régler dans l'intérêt général de l'Europe", dit-il.

Première du genre, le candidat socialiste à l'élection présidentielle s'exprimera lundi matin à Berlin au congrès du Parti social-démocrate allemand (SPD) dirigé par Sigmar Gabriel.

Gérard Bon, édité par Jean-Loup Fiévet

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