Le candidat de la droite et du centre s'excuse auprès des Français et dit n'avoir "rien à se reprocher". Il affirme par ailleurs ne pas être le candidat d'un parti.

François Fillon s'excuse me dit une fois encore qu'il n'a rien fait d'illégal.
François Fillon s'excuse me dit une fois encore qu'il n'a rien fait d'illégal. © Maxppp / Thomas Padilla

Pendant une heure lors d'une conférence de presse, François Fillon a livré devant une centaine de journalistes sa version des faits au sujet de l'emploi présumé fictif de son épouse.

François Fillon a gardé sa ligne de défense, estimant qu’il n’avait rien à se reprocher. "Tout est légal", a martelé le candidat. Pour lui, pas question de rembourser l’argent touché par son épouse. Seule nouveauté de cette intervention, François Fillon s’est excusé auprès des Français, conscient que cette affaire pose une question morale.

Pendant les vingt premières minutes, le candidat de la droite et du centre s'est livré à une sorte d'explication de texte sur cette affaire :

Oui, j’ai employé mon épouse comme collaboratrice. Elle a occupé ce poste pendant quinze ans et ceci pour un montant moyen de rémunération mensuelle de 3 877 euros par mois. Salaire parfaitement justifié pour une personne diplômée de droit et de lettres.

Droit dans ses bottes pendant le premier quart d’heure, le regard franc, il a toutefois semblé un peu plus hésitant, mal à l’aise ensuite face aux questions des journalistes, avouant par exemple qu’il n’avait pas en tête lors du journal télévisé de TF1 il y a dix jours les dates précises de collaboration de son épouse, d’où les quelques quiproquos.

Élément de langage

François Fillon a répété ses éléments de langage bien préparés, tentant de rattraper une communication désastreuse, et dénoncé "une attaque d’une violence inouïe qui ressemble à une opération montée de toute pièce".

François Fillon a dit et redit qu’il allait maintenir sa candidature à la présidentielle :

Rien ne pourra me faire changer d’avis. Le plan B c’est le plan Berezina.

Il a mis l’accent sur les lettres de soutien plutôt que sur les appels au renoncement de ces derniers jours. "Je suis le seul à pouvoir porter le programme de la droite. Je suis candidat pour gagner."

Pour François Fillon, la nouvelle campagne commence ce lundi soir, après cette prise de parole. Le candidat s'est d'ailleurs enfermé dans son quartier général avec les grandes figures du parti, son comité stratégique de campagne. La deuxième étape est attendue mardi matin, lors d’une rencontre avec les parlementaires dans ce même QG. Objectif : tenter de reformer l’unité.

Rebondissement médiatique

Au terme de cette conférence de presse, une nouvelle polémique est née au sujet du reportage diffusé jeudi dernier dans le magazine Envoyé spécial, "à charge" selon François Fillon. Il émane de la journaliste britannique Kim Willsher, qui avait réalisé une interview de Pénélope Fillon en 2007 pour le Sunday Telegraph :

Non M. Fillon ! Les propos d'Envoyé Spécial n'ont pas été sortis de leur contexte. Le reportage ne m'a pas choquée.

Des extraits de ce reportage avaient été diffusés la semaine dernière dans l'émission de France 2. Pénélope Fillon affirmait alors qu'elle n'avait "jamais été l'assistante" de son mari. François Fillon a quant à lui évoqué "des morceaux de phrases retirés de leur contexte… Je dois d'ailleurs vous indiquer que la journaliste (Kim Willsher) qui a accompli cette interview s'est manifestée personnellement auprès de mon épouse pour lui dire à quel point elle était choquée par l'utilisation qui avait été faite des morceaux de cette interview".

"C'est faux... Cessez de m'attribuer ces propos. L'interview et le film sont dans le domaine public. Les FAITS, svp", a écrit Kim Willsher sur son compte Twitter quelques minutes plus tard et lors d'un entretien téléphonique avec l'un des journalistes de l'émission, Yvan Martinet.

Quelques minutes après la conférence de presse, la journaliste en charge de l’émission de France 2, Elice Lucet, a également réagi :

Dans son message, Elise Lucet a assuré avoir été en contact avec que la journaliste britannique. Par ailleurs, elle dit ne pas avoir été en contact avec Pénélope Fillon contrairement à ce qu'affirme son mari.

L'ancien Premier ministre a par ailleurs promis de publier sur internet les fiches de paie de son épouse dans la soirée de ce lundi.

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