fillon relance la guerre au sein de l'ump
fillon relance la guerre au sein de l'ump © reuters

François Fillon a relancé une bataille lourde d'arrière-pensées à l'UMP en critiquant la posture d'"homme providentiel" adoptée par Nicolas Sarkozy près de quatre ans avant l'échéance de la présidentielle de 2017.

Lors d'une réunion publique à la Grande-Motte, dans l'Hérault, l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy a rejeté jeudi l'idée qu'on puisse lier l'avenir de l'UMP à un homme, visant l'ancien chef de l'Etat.

Il a revendiqué le droit d'être candidat aux primaires de l'UMP et s'est livré à un inventaire du quinquennat Sarkozy en reprochant à son ancien patron son absence d'autocritique.

Pour les uns, comme l'ancien ministre de la Défense Gérard Longuet, c'est une bonne chose que trois jours après le vrai-faux retour politique de l'ex-président il ait ainsi mis les pieds dans le plat :

Nous aimons Nicolas Sarkozy mais on a envie de faire vivre l'UMP (...), de poser toutes les questions, y compris celle de ce que nous avons fait (...) ou de ce que nous n'avons pas fait du tout. François Fillon le fait à sa façon mais c'est un service qu'il rend à l'UMP pour que l'on puisse enfin parler.

C'est aussi l'avis de Pierre Lelouch, député filloniste, au micro de Nasser Madji

D'autres, comme le président de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, mettent en garde François Fillon contre un lancement prématuré de la course à l'élection présidentielle de 2017.

Roger Karouchi, allié de Sarkozy, dénonce la sortie de Fillon, au micro de Nasser Madji

Sarkomania

L'ancien chef de l'Etat, dont les comptes de campagne 2012 ont été invalidés, privant l'UMP de près de 11 millions d'euros, était intervenu lundi lors d'un bureau politique extraordinaire dans une ambiance de "sarkomania" exacerbée.

Nicolas Sarkozy avait critiqué à demi-mot celui qui fut pendant cinq ans son "collaborateur" à Matignon en estimant notamment qu'il y avait "quelque chose d'indécent" à parler de la présidentielle "alors que les Français souffrent".

Pour Gérard Longuet, Nicolas Sarkozy a crée une situation "incertaine" en se mettant en retrait de la vie politique après sa défaite à l'élection présidentielle de 2012, puis en amorçant un retour à la faveur des déboires financiers de l'UMP.

Il y a des sujets sur lesquels depuis un an il n'y a pas eu de prise de position de l'UMP, on a l'impression que l'UMP est un peu paralysée. François Fillon (...), en ouvrant le débat, évite le silence convenu qui conduit en général au naufrage par l'indifférence des électeurs.

En revanche, l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a estimé sur Europe 1 que si François Fillon était libre de s'exprimer "comme il l'entend", il n'appréciait pas, pour sa part, la "confusion des calendriers".

La préoccupation des Français, aujourd'hui, ce n'est pas une élection qui se tiendra dans très longtemps. François Fillon a travaillé en totale confiance pendant cinq ans sous l'autorité de Nicolas Sarkozy et donc, s'il y a critique, ça commence par l'autocritique.

L'UMP fatigué des divisions

La bataille pour la présidence de l'UMP entre François Fillon et Jean-François Copé à peine soldée, une nouvelle fracture semble menacer le parti au grand dam de sa candidate à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet.

On est en pleine crise, les Français sont traversés de problèmes et d'inquiétudes et leur inquiétude majeure n'est pas de savoir quel va être le leadership à la tête de l'UMP.

Une ex-ministre UMP, passée à l'Union des démocrates et indépendants (UDI), a jugé cette "querelle d'hommes" pas "nécessairement bien vue" des Français.

"Être plus mesuré élèverait un peu le débat politique" , a dit Chantal Jouanno sur France Info.

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