Le financement des partis, un sujet au cœur de l'actualité, avec les difficultés financières du Rassemblement national, privé par saisie judiciaire de 2 millions d'euros de subventions publiques. Le RN espérait la création d'une banque de la démocratie mais le projet est enterré. En revanche, un médiateur a été nommé.

Le cas du Rassemblement national, de Marine Le Pen, sera le premier gros dossier du médiateur.
Le cas du Rassemblement national, de Marine Le Pen, sera le premier gros dossier du médiateur. © AFP / Gérard Julien

C'est  par un décret du 4 août, que Jean-Raphaël Alventosa a été nommé médiateur du crédit aux candidats et aux partis politiques. Sa mission, instaurer un dialogue, indépendant et impartial, entre les partis politiques, ou particuliers qui se lanceraient dans une élection, et des banques parfois frileuses, comme il l'expliquait le 26 juillet dernier, lors de son audition devant la commission des lois du sénat.

On peut concevoir leurs hésitations, compte tenu des contraintes de réputation comme elles disent.

Jean-Raphaël Alventosa n'a pas de temps à perdre. Dès le 6 août, soit deux jours après sa nomination, il a invité par mail les principaux partis politiques à le rencontrer au plus vite. Pour le Rassemblement national, en quête urgente d'un prêt bancaire, c'est une infime lueur d'espoir.

Sa marge de manœuvre est limitée.

Sébastien Chenu, le porte-parole du RN, prend acte de la "bonne volonté" du médiateur. Mais sans pouvoir coercitif, il doute de sa marge de manœuvre. "Reviendra se poser la question de la banque de la démocratie, il en est lui-même très lucide".

Un audit pour un futur projet

Le médiateur n'aura en effet aucun outil législatif pour contraindre les banques à prêter de l'argent et se contentera d'écrire des rapports en cas de litige. "Cela nous offrira un audit" se félicite le député Modem Erwann Balanant, fervent défenseur d'un organisme de crédit pour les partis. Le Modem qui devrait remettre le sujet sur la table à l'automne sous forme d'une proposition de loi.

Le Rassemblement national, lui, attend avec impatience son premier rendez-vous. Selon ses dirigeants, le parti peut aujourd'hui survivre jusqu'à la fin septembre, grâce notamment aux 600 000 euros récoltés sur le site Alerte Démocratie.

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