Florian Philippot a annoncé sur France 2 qu'il quitte le Front national au lendemain des sanctions prises par Marine Le Pen contre lui.

rien ne va plus entre les deux dirigeants du Front National.
rien ne va plus entre les deux dirigeants du Front National. © AFP / JOEL SAGET

Alors qu'hier, Marine Le Pen annonçait qu'elle retirait à Florian Philippot son portefeuille de la stratégie et de la communication, ce dernier a donc annoncé sur France 2, qu'il quittait le parti. La numéro 1 du FN a justifié sa décision en invoquant un conflit d'intérêt entre ses fonctions au sein du FN et son association "Les Patriotes".

Philippot n’était pas que le numéro 2 du parti, son départ augure d’un changement de ligne au FN

Ce retrait marque en effet la victoire des opposants à la ligne Philippot. Un FN dédiabolisé mais surtout « ni de droite ni de gauche » à savoir plus social que libéral, plus souverainiste anti-Europe, anti-euro, qu’anti-immigration.

C’est la même ligne que Marine Le Pen, c’est pour cela que les deux ont partagé cette connivence ces dernières années. Tant qu’on était dans l’ascension électorale, tant que Marine Le Pen protégeait son confident, la contestation était mesurée en interne.

Mais Florian Philippot agaçait déjà, pour sa personnalité, un côté arrogant et assez clanique, entouré de la jeune génération qu’il avait amenée au FN.

Le poids de la défaite

Depuis la déception électorale, Marine Le Pen est affaiblie et les tenants d’un FN de droite, une majorité des cadres du parti, lui mettent la pression pour écarter Florian Philippot ou du moins le ramener dans le rang.

Lui est considéré comme responsable de la défaite, avec en particulier son obsession sur la sortie de l’euro. Ils attendaient un prétexte, ils l’ont trouvé : la création de l’association Les Patriotes, idéale pour critiquer le numéro 2 du parti, l’accuser de vouloir créer son parti, de rouler pour lui-même.

Impossible pour Marine Le Pen de ne pas rééquilibrer : elle l’a fait en le sanctionnant. Florian Philippot le savait, lui qui a compris aussi qu’il était minoritaire dans le parti, que la sortie de l’euro risque d’être abandonnée lors d’une consultation militante à la fin du mois.

Le départ de Florian Philippot signifie donc un changement de ligne, comme il le dit lui-même ce matin en parlant d’un « retour en arrière », d’un FN rattrapé par ses vieux démons.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.