A cinq mois de la présidentielle, le Front national doit gérer un conflit interne entre Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot, révélateur des divisions du parti.

Marine Le Pen appelle à la fin des chicayas entre Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen
Marine Le Pen appelle à la fin des chicayas entre Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen © AFP / JOEL SAGET / AFP

Le Front National vit une période ambigüe : au moment où le parti est le mieux placé pour se placer au second tour de la présidentielle, il voit pourtant deux de ses cadres s’affronter par médias interposés. A tel point que Marine Le Pen, interrogée par Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, a appelé à la fin des "chicayas" au sein du Front national, tandis que sa nièce continue de marquer sa différence.

Marion Maréchal-Le Pen avait d’abord remis en cause, le remboursement "intégral et illimité" de l'IVG, avant de regretter, dans les colonnes du JDD ce week-end, l’absence de débat sur la question. S’en est suivi un recadrage de Marine Le Pen et une phrase de son bras droit, Florian Philippot, qui qualifiait sur BFMTV la députée de "seule et isolée" sur cette question.

Un lavage de linge sale en public qui a obligé la direction du parti à siffler la fin de la récréation : à la suite de l’accrochage, Louis Aliot, l'un des vice-présidents du Front national, a appelé sur France 2 à "arrêter les bêtises" et à faire corps derrière "la candidate" Marine Le Pen. "Si certains veulent concourir avec leurs idées propres (...) ils se trompent de combat", a-t-il prévenu.

Si certains ont des états d'âme, je leur conseille de les garder pour eux et de ne pas en faire état sur la place publique parce que ça ne sert ni leur mouvement ni leurs idées (Louis Aliot sur France 2).

Mauvais moment pour un règlement de comptes

Cette polémique survient au plus mauvais moment : à cinq mois du premier tour de la présidentielle, le FN devrait être en ordre de marche, au carré derrière sa présidente, mais les querelles de ligne au sommet se doublent de querelles de personnes à la base . Si l'IVG reste le sujet qui divise la direction, partout les incidents se multiplient : à Cogolin, dans le Var, le maire FN parachuté est en guerre ouverte contre une partie de son conseil ; dans le 7ème secteur de Marseille, cinq conseillers municipaux ont créé un groupe dissident contre le maire Stéphane Ravier jugé "autocratique"; en Gironde, la première candidate FN élue dans ce département il y a deux ans s'est déjà fâchée avec son binôme et a quitté le parti. Alors que la présidente du FN invoque une France "apaisée" et qu'elle veut limiter et maîtriser ses apparitions médiatiques, son parti, lui, semble beaucoup moins "apaisé".

Un FN de plus en plus divisé, entre la base et le sommet

Les remontées du terrain sont acides : ce que dit Marion Maréchal-Le Pen tout haut de Florian Philippot, beaucoup de militants, d'élus aussi le pensent tout bas, exaspérés par l'omniprésence et l'impunité de cet homme qui - selon eux - déteste le Front et impose sa ligne au parti, en direct à la télé devant chez lui... à tel point "qu'on ne sait plus qui, de Marion Philippot ou de Florian Le Pen, dirige le Front National", raille un proche de la benjamine de l'Assemblée Nationale. Cette dernière ne supporte plus d'être mise à l'écart et de découvrir chaque jour des positions, qui n'ont pas fait l'objet de débat en interne. Une forme de procès sur la gouvernance par Marine Le Pen, du Front National. Où c'est en public, désormais, qu'on lave le linge sale.

Au FN, deux lignes se dessinent : "l'officielle" et la "traditionnelle"
Au FN, deux lignes se dessinent : "l'officielle" et la "traditionnelle" © Radio France / Olivier Benis
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