[scald=18391:sdl_editor_representation]par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - François Baroin a été nommé mercredi ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie pour maintenir la France sur une trajectoire d'accélération de la croissance et de réduction des déficits jusqu'à la présidentielle de 2012.

Atout jeune de Nicolas Sarkozy, il succède à Christine Lagarde, nommée mardi directrice générale du Fonds monétaire international en remplacement de Dominique Strauss-Kahn.

Ce "chiraquien sarko-compatible" âgé de 46 ans est un des derniers défenseurs de l'héritage du précédent chef de l'Etat au gouvernement et pourrait ainsi aider Nicolas Sarkozy à rassembler la droite lors des élections présidentielle et législatives de 2012.

Au Budget depuis mars 2010, il défend la politique de redressement progressif des comptes publics décidée par Nicolas Sarkozy et François Fillon, dont il vante l'équilibre entre réduction des déficits et soutien à l'économie.

"Une accélération du mouvement de redressement de nos finances publiques n'aurait guère de sens, nous ne voulons pas risquer inutilement de porter atteinte à la croissance de notre économie", expliquait-il lundi lors du débat d'orientation budgétaire pour 2012 à l'Assemblée nationale.

Avocat et ancien journaliste, surnommé "Harry Potter" en raison de son visage juvénile et de ses lunettes - remisées depuis quelques années - François Baroin a facilement enfilé les habits de ministre du Budget.

Avant son entrée au gouvernement, il demandait "un coup de frein considérable" sur les dépenses publiques et "l'augmentation de la fiscalité" pour réduire les déficits.

"LE SENS DE L'OPPORTUNITÉ"

En novembre 2009, il craignait la dégradation de la signature de la dette française, un spectre qu'il affronte depuis avec un discours rassurant à destination des marchés financiers, répété mot pour mot à longueur d'interviews.

Autre obsession : ce qu'il considère comme un déséquilibre de la pression fiscale en France où, aime-t-il rappeler, l'essentiel de l'impôt sur le revenu est payé par une faible proportion des contribuables.

Rompu aux échanges d'arguments, parfois vifs, avec la gauche, François Baroin devra apprendre à dialoguer avec les partenaires de la France, qui préside actuellement le G20.

Sa maîtrise peu assurée de la langue anglaise a justement été citée comme un handicap pour prendre les rênes de Bercy.

François Baroin a "le sens de l'opportunité", disait au Monde son meilleur ami, l'actuel directeur général de l'enseignement scolaire Jean-Michel Blanquer : lorsqu'il a fallu se lancer en politique, s'implanter dans l'Aube, accepter un ministère ou la direction de l'UMP, et rejoindre un gouvernement formé par celui qui prônait la rupture avec Chirac.

Il a aussi une ambition présidentielle qu'il n'a jamais cachée. "Si je reste en politique, ce n'est pas pour postuler dans dix ans à un nouveau portefeuille ministériel, mais pour aspirer aux plus hautes fonctions", disait-il en 2007.

Né le 21 juin 1965 à Paris, François Baroin a été en quelque sorte "adopté" par l'ancien président Jacques Chirac après la mort accidentelle, en février 1987, de son père, Michel, dans un accident d'avion.

SOUS L'AILE DE CHIRAC

Ce dernier, haut fonctionnaire, PDG de la Garantie mutuelle des fonctionnaires (GMF) et de la Fnac, et qui fut un moment grand maître de la principale obédience maçonnique française, le Grand Orient, était un ami personnel de l'ancien président.

Titulaire d'un DEA de géopolitique et d'un DESS de défense et de sciences de l'information, François Baroin est élu en 1989 conseiller municipal RPR de Nogent-sur-Seine, dans l'Aube. Il est alors journaliste au service politique d'Europe 1.

Jacques Chirac veille sur sa carrière politique, fulgurante.

En 1993, il est élu député de la troisième circonscription de l'Aube et devient le benjamin de cette nouvelle législature. Il a toujours été réélu depuis. Il est maire de Troyes depuis 1995.

En février 1995, il est le porte-parole de son mentor, candidat à la présidence de la République. Après sa victoire, il est nommé porte-parole du gouvernement d'Alain Juppé.

Jacques Chirac le nommera chargé de mission à la présidence de la République puis, en 2002, membre du comité d'orientation de sa campagne pour l'élection présidentielle et un des membres fondateurs de l'UMP.

La même année, il est réélu député de l'Aube. Il est élu vice-président de l'Assemblée nationale jusqu'à sa nomination en juin 2005 au poste de ministre de l'Outre-mer dans le gouvernement d'un autre chiraquien, Dominique de Villepin.

Il passe deux mois au ministère de l'Intérieur en 2007, succédant à Nicolas Sarkozy qui mène la campagne présidentielle. Il "garde le cap sur une position de fermeté", sur les sans-papiers scolarisés en France et la sécurité.

Père de trois enfants, divorcé, François Baroin a alimenté les colonnes de la presse "people", qui a révélé ses liaisons avec la journaliste Marie Drucker et l'actrice Michèle Laroque.

Edité par Yves Clarisse

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