[scald=84947:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Bayrou a exhorté jeudi soir le "peuple" français à "ressaisir" son destin dans la crise, un peuple dont il se veut le héraut dans une campagne présidentielle où fusent les accusations de populisme.

Venu à Dunkerque (Nord), en terre socialiste, pour son premier meeting, le candidat centriste s'est efforcé de marquer sa différence en s'adressant avec lyrisme et force références littéraires aux "petits", aux "obscurs", aux "sans-grade", célébrés par Edmond Rostand dans "L'Aiglon", et en invoquant ses racines terriennes -béarnaises- et populaires.

Une manière de répondre à l'accusation de populisme lancée à son encontre par le candidat du Nouveau Centre, Hervé Morin, et de faire pièce à Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et Marine Le Pen (Front national) qui se disputent avec virulence le vote populaire.

"Nous sommes là pour ressaisir le destin de la France", a souligné François Bayrou.

Evoquant les quatre cavaliers de l'Apocalypse, le président du MoDem a appelé à la résistance contre les "quatre fléaux" qui se sont selon lui abattus sur la France : chômage, effondrement du pouvoir d'achat, multiplication des déficits, accumulation de la dette.

La cause principale de cette situation? "On ne produit plus en France".

CONJUGUER "RÉSISTER" AU PRÉSENT

"Les causes sont chez nous et c'est chez nous qu'il faut que nous les corrigions", a-t-il dit, critiquant implicitement le discours de Nicolas Sarkozy, qui impute en partie à la crise financière et économique mondiale les difficultés de la France.

"Il nous faut proposer aux Français dans cette élection une orientation nouvelle fondée sur l'esprit de résistance et l'esprit de reconstruction", a poursuivi François Bayrou, convoquant à son tour la figure du général de Gaulle.

"Nous allons à nouveau faire rimer le nom de France avec le beau mot de résistance. Ce verbe résister, il faut maintenant que nous le conjuguions au présent", a-t-il dit sous les applaudissements.

Il a alors récité des vers de "La Rose et le Réséda", un poème de Louis Aragon paru en 1943 qui appelait à la résistance. Un poème dont s'est aussi inspiré le socialiste Arnaud Montebourg pour baptiser son mouvement.

Dénonçant le dévoiement du mot "peuple" dans la campagne, il a demandé aux "élites" qu'elles lui parlent avec "respect et grandeur".

"Je veux leur rappeler à tous ceux-là une chose très simple : le principe de la République, c'est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple", a-t-il lancé.

Vantant "la langue des travailleurs", François Bayrou, pour lequel les intentions de vote oscillent entre 12% et 15%, a dit dédier sa troisième campagne aux "mères courage" et "pères courage".

Sophie Louet

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