[scald=82675:sdl_editor_representation]par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - La dynamique en faveur de François Bayrou se confirme dans les sondages, à l'instar de la campagne présidentielle de 2007, au point que le candidat centriste se prend à rêver de victoire.

Selon un sondage OpinionWay-Fiducial pour Les Echos et Radio Classique, diffusé jeudi, le président du Mouvement Démocrate est crédité de 15% des intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle, en quatrième position derrière la candidate du Front national, Marine Le Pen (17%).

Sa cote de confiance enregistre par ailleurs un bond de 14 points dans le baromètre TNS-Sofres de janvier pour Le Figaro Magazine. François Bayrou occupe désormais la deuxième place du classement avec 43% d'opinions positives.

Le député des Pyrénées-Atlantiques, qui préempte l'espace électoral au centre face au faible écho rencontré par Hervé Morin et Dominique de Villepin, est en position de rééditer la percée de 2007, lorsqu'il avait été adoubé "troisième homme".

"Bis repetita placent". Féru de citations latines, l'agrégé de lettres se réjouit de disputer la place d'arbitre à la candidate du Front national, Marine Le Pen, mais en cette année décisive, son ambition ne s'arrête plus là. Le mot d'ordre de 2012 est "Ad Victoriam!" ("A la victoire!).

"Mon but est de gagner", confie le candidat. "En 2007, dans mon inconscient, mon but premier était de faire un score, de faire exister ma famille. Ce n'est plus le cas".

La progression de François Bayrou est plus rapide que lors de la campagne de 2007.

Parti à la mi-novembre de 6 à 8% d'intentions de vote, comme en 2011, il avait atteint le palier de 10 à 12% entre décembre et janvier, avant de s'envoler en février jusqu'à 23-24%. Il avait finalement obtenu 18,57% des voix au premier tour (6,75 millions de voix).

"Une percée à 15% à la mi-janvier, ce n'est pas trop tôt. Si le but est de gagner, ce n'est pas trop tôt", souligne son entourage.

"Les ralliements créent une dynamique", se réjouit-on avec prudence.

Le soutien apporté par l'ancien ministre Philippe Douste-Blazy, co-fondateur de l'UMP et ancien compagnon de route de François Bayrou à l'UDF, est analysé comme le symbole d'"une campagne qui marche".

"RIEN NE LUI RÉSISTE"

D'autres soutiens "des deux bords" sont attendus, assure-t-on, alors que le dirigeant du MoDem, qui rejette le bipolarisme droite-gauche, paraît pour l'heure s'ancrer au centre-droit.

"Des personnalités de gauche se sont manifestées. Vont-elles franchir le pas ? Ça dépendra des sondages...", témoigne un proche avec philosophie.

François Bayrou, admirateur d'Henri IV, le "roi rassembleur", entend poursuivre sa campagne au-delà du duel UMP-PS, sous le slogan : "Un pays uni, rien ne lui résiste".

Les polémiques du moment ne sont que "cour de récréation", répète le candidat centriste, qui s'interdit de "participer à quelque polémique de bas étage".

Convaincu que les électeurs votent "sur ce que vous êtes, pas ce que vous dites", François Bayrou veut s'adresser à l'électorat le plus large possible avec l'ambition de dévoiler derrière le candidat "le président qu'il pourrait être", explique-t-on dans son entourage.

Il s'exprimera mardi à Paris sur le thème du redressement de la France, à l'occasion du premier des quatre forums qu'il a programmés jusqu'au 25 février pour confronter ses propositions aux acteurs de la société civile.

Son plaidoyer en faveur du "produire en France" porte dans l'électorat populaire, selon des politologues.

Le candidat centriste tiendra son premier meeting de campagne le 19 janvier à Dunkerque, dans le Nord, l'un des bastions traditionnels du Front national.

"Beaucoup de gens ont la tentation de voter non pour Marine Le Pen, mais par Marine Le Pen", analyse-t-on dans son entourage. "Ces gens qui veulent renverser la table, nous pouvons leur offrir la possibilité de manifester avec force leur réprobation".

Alors qu'en 2007 il avait capté les voix des catégories socio-professionnelles moyennes ou supérieures, François Bayrou élargit désormais son audience chez les employés et les ouvriers.

Le candidat du Nouveau Centre, Hervé Morin, qui ne parvient pas à décoller dans les sondages, l'accuse de "populisme" et de "démagogie". "No comment" au MoDem, où l'on relève que la situation de l'ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy "n'est pas agréable".

Edité par Yves Clarisse

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