PARIS (Reuters) - Le candidat du MoDem François Bayrou a proposé samedi de réformer la loi sur le financement des campagnes présidentielles sur fond de polémique sur un possible financement frauduleux de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy.

"Pour sortir de l'ombre le financement des campagnes électorales, je propose le financement public intégral et l'interdiction des dons privés", indique le député des Pyrénées Atlantiques sur son compte Twitter.

François Bayrou veut "interdire tous les dons privés" aux partis politiques, par Stéphane Leneuf

"Je propose également un plafonnement sévère des dépenses de campagne, à 10 millions d'euros contre le double aujourd'hui", ajoute-t-il.

Cette prise de position survient au lendemain du rejet de la demande en liberté de Patrice de Maistre, ex-homme de confiance de Liliane Bettencourt, mis en examen notamment pour un possible financement frauduleux de la campagne présidentielle de 2007 de l'actuel chef de l'Etat.

Cette enquête judiciaire démarrée en 2007 à Nanterre (Hauts-de-Seine) et transférée fin 2010 à trois juges d'instruction indépendants de Bordeaux a mis au jour de nombreux soupçons de détournement de la fortune Bettencourt au bénéfice de personnes privées de son entourage ou d'hommes politiques.

Une remise en 2007 de 150.000 euros à Eric Woerth, alors trésorier de l'UMP et de la campagne Sarkozy, a amené la mise en examen de ce dernier en février. Les juges ont ensuite saisi les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.

La candidate écologiste à l'élection présidentielle Eva Joly a accusé jeudi Nicolas Sarkozy de vouloir se faire réélire pour éviter toute poursuite grâce à l'immunité accordée par la Constitution au chef de l'Etat en exercice.

Dans une interview publiée jeudi dans Le Monde, le candidat du PS, François Hollande, a pour sa part estimé que si les faits de financement illégal étaient avérés, "le candidat concerné (Nicolas Sarkozy-NDLR) devrait forcément en rendre compte".

Marine Pennetier avec Thierry Lévêque, édité par Jean-Stéphane Brosse

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.