[scald=114411:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le centriste François Bayrou, pour lequel les intentions de vote s'effritent sous la barre des 10%, a dramatisé jeudi l'enjeu de l'élection présidentielle en estimant qu'un "mauvais choix" le 6 mai précipiterait le modèle social français dans l'abîme, en "quelques mois", voire quelques "semaines".

Le président du Mouvement Démocrate, qui a lancé le thème du "produire en France", a présenté un projet de loi-cadre en ce sens afin de "redéfinir une véritable stratégie de production au service d'une obsession nationale, l'emploi".

François Bayrou, qui ne cesse de renvoyer dos à dos l'UMP et le PS, s'est dit frappé par l'absence des problématiques de l'emploi dans les discours des deux favoris, le président sortant Nicolas Sarkozy et le socialiste François Hollande.

"Si nous ne gagnons pas la bataille du produire en France, notre modèle social va s'écrouler sous nos yeux", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.

"Je suis là pour le sauver. Il est en péril, en termes - si je ne me trompe pas - de quelques mois, et peut-être, selon les programmes, si la France faisait le mauvais choix, en termes de semaines", a-t-il ajouté, sans citer les programmes visés.

Mais ses critiques renouvelées contre les duellistes annoncés du second tour laissaient peu de place au doute.

"Je suis très frappé de deux déclarations qui ont été faites

l'une par Nicolas Sarkozy et l'autre par François Hollande", a-t-il ainsi expliqué.

"DANS LES MOIS QUI VIENNENT"

"Nicolas Sarkozy a dit 'la crise financière est derrière nous': je voudrais que cette phrase, on s'en souvienne dans les semaines qui viennent, elle risque d'être brûlante pour celui qui l'a prononcée", a lancé le député béarnais.

"Quant à François Hollande, il a dit : 'Est-ce que la crise de la zone euro touche la France? Non'", a-t-il poursuivi.

"Eh bien, a affirmé le dirigeant centriste, nous ne voyons pas le même monde et nous ne voyons pas les mêmes risques".

"Je pense que la France est directement menacée par la crise de la zone euro, (...) qui est la crise dans la zone euro des Etats qui ont laissé dériver leur dette", a dit François Bayrou.

"Je suis désolé de compter la France au nombre de ces Etats et peut-être comme un de ceux qui sont, dans les mois qui viennent, les plus exposés", a-t-il conclu.

Le Premier ministre UMP, François Fillon, s'est attiré les attaques de la gauche et de l'extrême droite en affirmant mardi que l'élection de François Hollande menaçait de raviver la spéculation contre la monnaie unique européenne et de mettre en péril l'économie française.

Le projet de loi-cadre porté par François Bayrou prévoit notamment la création d'un commissariat stratégique à la production française, l'instauration d'un contrat à durée indéterminée (CDI) sans charges pour les artisans et entreprises de moins de 50 salariés en vue du recrutement d'un demandeur d'emploi ou d'un jeune nouveau-venu sur le marché du travail.

Le texte propose en outre la création d'un label "Produit en France", l'extension de la garantie légale des produits vendus en France à cinq ans ou encore d'un livret d'épargne production pour le financement des PME, rémunéré à un taux identique à celui du livret A et exonéré de tout impôt ou prélèvement social.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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