[scald=101961:sdl_editor_representation]par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Le centriste François Bayrou, qui brigue un mandat présidentiel pour la troisième fois consécutive en France, croit en ses chances "d'imposer un autre second tour" que le duel Sarkozy-Hollande pronostiqué par les sondages.

Invité jeudi soir sur France 2 de l'émission "Des paroles et des actes", après une première prestation dans ce cadre le 8 décembre, le président du Mouvement Démocrate a renvoyé dos à dos le socialiste François Hollande, candidat de "l'illusion", et le président sortant Nicolas Sarkozy, candidat de "la division", et refusé d'envisager la moindre consigne de vote en cas d'échec au premier tour.

En 2007, le député béarnais était arrivé en troisième position au premier tour de la présidentielle avec 18,57% des voix. Il s'était abstenu de donner une consigne officielle à ses quelque 7 millions d'électeurs pour le second tour opposant Nicolas Sarkozy à la socialiste Ségolène Royal. Il avait ensuite confié avoir voté blanc.

En juillet 2011, le dirigeant du MoDem avait assuré qu'il ferait "un choix" dans l'hypothèse d'une disqualification, hypothèse qu'il écarte depuis le début de la campagne sous peine de scénariser par avance une élimination prématurée.

"Je n'ai jamais envisagé l'échec", a-t-il souligné, commentant "l'aveu" de Nicolas Sarkozy sur RMC Info selon lequel il arrêterait la politique s'il était battu.

"MON ESPOIR N'EST PAS DE RALLIER FRANÇOIS HOLLANDE"

"Je n'accepte pas l'inquisition ou la pression que vous multipliez pour essayer de me faire envisager (...) l'hypothèse où je ne serai pas au deuxième tour", a-t-il répondu aux journalistes qui le pressaient de donner des indices sur un possible ralliement dans l'entre-deux-tours.

"Je m'efforcerai de voter à titre personnel pour moi-même au premier et au deuxième tours", a-t-il lancé.

Alors que les enquêtes d'opinion augurent d'un second tour entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, François Bayrou a été sans détour: "J'ai bien l'intention d'imposer un autre deuxième tour".

Le candidat centriste stagne dans les sondages depuis fin janvier entre 12% et 15% d'intentions de vote, un score qu'il juge "prometteur" au motif que la campagne n'en est qu'à ses prémices.

"Je trouve que c'est un très bon socle, et c'est un socle qui est rendu d'autant plus prometteur que sur tous les critères de présidentialité (...) je suis en tête", a-t-il affirmé, évoquant des enquêtes sur la perception de sa candidature dans l'opinion publique.

Opposé lors d'un débat au directeur de communication de François Hollande, Manuel Valls, François Bayrou a écarté le moindre rapprochement avec le candidat socialiste, dont il juge le programme économiquement "insoutenable".

"Mon espoir n'est pas de rallier François Hollande, il est de battre François Hollande. (...) Battre Nicolas Sarkozy au premier (tour) et François Hollande au second, ou le contraire", a-t-il insisté, tout en précisant que le député-maire d'Evry aurait "toute sa place" dans la "majorité centrale" qu'il appelle de ses voeux.

Manuel Valls n'a pas non plus fermé la porte au centriste, malgré les critiques très vives de ce dernier à l'encontre de François Hollande : "Dans l'idée que se fait François Hollande, le rassemblement devra être très large sur le plan politique".

"QUELQUE PIÈGE, MÊME SUCRÉ"

François Bayrou, qui publiera prochainement un essai intitulé "La France solidaire", a expliqué ne pouvoir adhérer, sur l'autre versant de l'échiquier politique, à "la ligne de campagne" de Nicolas Sarkozy qui "ne va pas du tout dans le sens de ce que je crois nécessaire pour le pays".

Il l'a accusé de chercher à "faire sa fortune électorale" en "excitant" les "passions méchantes" et a tenté une nouvelle fois, sans succès, d'inviter à la rejoindre l'ex-rival du chef de l'Etat, Dominique de Villepin.

"Je n'ai aucune envie de me laisser attirer dans quelque piège, même sucré, que ce soit", a dit François Bayrou à propos des mains tendues de l'UMP, le parti présidentiel.

A la question de savoir avec quelle majorité il gouvernerait s'il venait à accéder à l'Elysée, il a manié le flou.

"Si j'ai battu Nicolas Sarkozy au premier tour et François Hollande au second, la volonté des Français et leur détermination feront que les élections législatives suivantes seront un raz-de-marée", a-t-il assuré.

"Pas un raz-de-marée pour moi, mes candidats ou une étiquette, mais un raz-de-marée pour ceux qui diront 'oui, étant donné le résultat de cette élection, nous sommes prêts à participer à l'effort national'", a-t-il avancé.

François Bayrou a ajouté qu'il nommerait pour Premier ministre un homme "je l'espère aussi fort que Mario Monti en Italie".

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