[scald=100629:sdl_editor_representation]VINCENNES, Val-de-Marne (Reuters) - François Bayrou, crédité par un sondeur d'une légère embellie à 15% d'intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle, veut croire à un tournant dans sa campagne et compte sur la "lassitude" des électeurs face au duel Hollande-Sarkozy pour renouer avec une dynamique favorable comme en 2007.

Marginalisé par la confrontation entre le président sortant et le candidat socialiste, qu'il impute pour partie aux médias, le dirigeant du Mouvement Démocrate (MoDem) traverse un passage à vide depuis la fin du mois de janvier.

Porté dans les sondages par sa déclaration de candidature du 7 décembre, le "troisième homme" de la présidentielle de 2007 stagnait autour de 13% jusqu'à "la bonne nouvelle" du sondage LH2 pour Yahoo, diffusé dimanche, qui montre une progression de deux points du candidat centriste à 15%, pour la première fois à égalité avec la candidate du Front national Marine Le Pen.

Une progression toute relative au regard de la volatilité de son électorat potentiel, puisque 51% de ses soutiens sont sûrs de leur choix, selon l'institut.

Selon LH2, le député béarnais bénéficierait de "l'essoufflement des 'finalistes présumés'", Nicolas Sarkozy en tête. Il gagne ainsi 11 points (à 21%) auprès des 65 ans et plus et neuf points auprès des retraités (à 21%), électorat traditionnel de l'UMP.

Lors de la campagne de 2007, François Bayrou avait connu un essor spectaculaire durant le mois de février jusqu'à atteindre 23% à 24% d'intentions de vote, qui se tassèrent par la suite au niveau de son score du premier tour (18,57%).

"LES ÉLECTEURS CENTRISTES SONT PERDUS"

Rien de tel en cette troisième aventure présidentielle, dont François Bayrou assure pourtant qu'elle sera "la bonne".

"Je crois que c'est en train de se faire", a-t-il déclaré lundi à des journalistes, en marge d'un déplacement à Vincennes (Va-de-Marne) consacré à la sécurité.

La bipolarisation de la campagne 2012, qui se traduit dans les intentions de vote par une inclination marquée au vote "utile", en est à ses dernières heures, assure-t-il.

"Il y a un sentiment de lassitude et d'exaspération des Français contre le Hollande-Sarkozy, Sarkozy-Hollande dans tous les sens, jour et nuit, matin et soir", explique François Bayrou.

Laurent Lafon, maire Nouveau Centre de Vincennes, qui a apporté son soutien à François Bayrou au nom de la recomposition de la famille centriste, partage cette analyse.

"Les électeurs sont fatigués, désorientés", estime-t-il, évoquant le débat actuel sur le "halal" et, d'une manière plus générale, la radicalisation du discours de Nicolas Sarkozy.

"Les centristes sont mal à l'aise face à la campagne très à droite du président. Les électeurs centristes sont aujourd'hui perdus. L'UMP, parti unique créé pour gagner les élections, ne fonctionne pas, son spectre électoral n'est pas assez large", juge-t-il. "On va rentrer dans un autre cycle où la candidature de François Bayrou va prendre plus d'importance".

Après le soutien annoncé d'"une vingtaine de sénateurs" centristes au président du MoDem, d'autres, "plus nombreux", vont suivre "dans les jours et les semaines à venir", assure l'élu du parti d'Hervé Morin.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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