[scald=101005:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Bayrou, qui, malgré une légère embellie, ne parvient toujours pas à muer sa popularité en intentions de vote, s'efforce de reconstituer son assise électorale au centre-droit.

Après une invite au Nouveau Centre lundi, le candidat centriste à l'élection présidentielle s'est tourné mardi vers le gaulliste Dominique de Villepin, qui plafonne à 2% dans les sondages et n'a toujours pas obtenu les 500 parrainages nécessaires à sa candidature.

"Je n'ai pas eu de contacts récents. Je serais heureux d'en avoir", a dit François Bayrou sur Canal+. "Tous les responsables publics qui veulent sortir de l'affrontement (Hollande-Sarkozy, NDLR) ont leur place", a-t-il souligné.

L'ancien Premier ministre, qui avait paru en septembre dernier souscrire à l'idée bayrouiste de "majorité centrale", a repoussé sans détour cette main tendue.

Cette question, a-t-il dit sur Europe 1, "n'est pas d'actualité". "Je ne fais pas partie des tièdes".

"Je n'ai aucun contact avec François Bayrou ni avec son entourage. Je ne suis pas un homme d'arrière-pensées, je ne suis pas un homme de double jeu", a ajouté Dominique de Villepin, qui juge néanmoins que la formation d'"un gouvernement d'union nationale" s'imposera au vainqueur de la présidentielle, quel qu'il soit.

Dans une tribune publiée mardi dans Libération, Jean-Luc Bennahmias, vice-président du Mouvement Démocrate venu de la gauche, renouvelle l'appel à "une majorité nouvelle" alors que le député béarnais piétine dans les sondages.

"UN NOUVEAU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE"

Après une progression de deux points à 15% dans un sondage LH2, François Bayrou, qui s'estime le seul en mesure de battre François Hollande au second tour au vu d'enquêtes officieuses, recule d'un point à 13% dans un baromètre BVA paru mardi dans Le Parisien et gagne un point à 12,5% dans un sondage Ipsos-Logica Business Consulting pour Le Monde.

Le dirigeant centriste ne parvient pas à reconstituer son socle électoral de la présidentielle de 2007, qui l'avait consacré "troisième homme" avec un score de 18,57% (plus de 6,8 millions de voix).

"François Bayrou est en train de mesurer les limites de l'exercice solitaire", commente un responsable de la majorité.

Jean-Luc Bennhamias dément : "Ce qui se passe aujourd'hui autour de François Bayrou est le début d'une dynamique novatrice que nous souhaitons renforcer", écrit-il, allant jusqu'à évoquer "un nouveau Conseil national de la résistance".

L'eurodéputé exhorte à rejoindre le MoDem tous "les déçus de l'alternance classique : "progressistes et des gaullistes sociaux aux écologistes responsables, des centristes humanistes aux radicaux de tous bords, des associations aux acteurs de terrain".

Le même responsable de la majorité confirme qu'une vingtaine de sénateurs du centre-droit s'apprêtent à exprimer publiquement leur soutien au candidat du MoDem. "Il va avoir son plus gros apport parlementaire cette semaine".

Il écarte l'hypothèse de ralliements au sein de l'UMP, "même si de nombreux cadres du parti présidentiel se sentent frustrés des vrais sujets comme l'emploi, l'éducation, etc., évoqués par Bayrou" quand le débat sur l'abattage rituel domine la campagne présidentielle.

Une récente enquête Ipsos fondée sur des entretiens avec des "sondés" ayant renoncé à voter pour le président du MoDem montre que plusieurs d'entre eux ont fait le choix, même "par défaut", de voter Nicolas Sarkozy car "il s'agit d'abord de barrer la route à la gauche" et qu'"aujourd'hui seul le président sortant en est capable".

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.