[scald=108089:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Bayrou, qui échoue pour l'heure à retrouver la dynamique de 2007, s'est efforcé dimanche de relancer sa campagne pour l'élection présidentielle en se présentant comme le candidat "de l'espoir" face à l'UMP et au Parti socialiste qui "ont endormi le peuple français".

Le candidat centriste, qui oscille entre 12% et 15% dans les intentions de vote pour le premier tour, a fait salle comble dimanche pour son premier grand meeting, au Zénith de Paris, prévu pour accueillir 6.000 personnes.

A la même époque en 2007, il atteignait autour de 19% dans les sondages, score qui fut le sien au premier tour (18,57%) et fit de lui le "troisième homme" inattendu du scrutin.

François Bayrou, qui se présente comme un Béarnais à "la tête dure", est convaincu de pouvoir figurer au second tour. Reste à convertir une popularité au zénith dans les enquêtes "qualitatives" (70% d'opinions favorables dans le dernier baromètre Ifop-Paris Match) en intentions de vote.

"Je suis venu vous parler d'espoir", a déclaré le dirigeant centriste en préambule d'un discours de près de deux heures. "D'un espoir en dur, d'un espoir solide, pas d'un espoir qui ment".

"Depuis 15, 20 et 30 ans les deux mêmes partis, l'UMP et le PS dominent le pouvoir. (...) Ils ont endormi le peuple français en refusant de regarder en face la réalité de notre situation. Il n'y a pas d'espoir du côté de chez eux", a-t-il souligné.

Prônant "le choix du courage", il a de nouveau décliné son "plan réaliste et ambitieux" pour un retour à l'équilibre des finances publiques de la France dès 2016 via 50 milliards d'euros d'économies sur les dépenses et 50 milliards de recettes nouvelles en trois années budgétaires et demie.

"UNE MONTÉE DES PÉRILS"

Au chapitre des recettes, François Bayrou propose notamment le relèvement d'un point du taux de TVA en 2012, d'un point supplémentaire en 2014 en l'absence de croissance, la création d'une tranche d'imposition à 50% pour les hauts revenus et de porter la tranche à 41% de l'impôt sur le revenu à 45%.

"Je propose à la France (...) de se reconstruire dans l'optimisme, dans l'envie de vivre, dans le sens du travail bien fait après des années de travail bâclé, de renoncements déguisés en fatalité, d'erreurs et de facilités", a dit le candidat, qui a également renouvelé son plaidoyer pour le "produire en France".

"Je serai obsédé de production, toutes les productions, industrielle, agricole, artisanale, culturelle, artistique, numérique, touristique", a-t-il affirmé.

Défendant sa vision d'une "France solidaire", son nouveau slogan, il est revenu sur les tueries de Toulouse et Montauban pour mettre en cause implicitement l'action des services de police et de renseignement français.

"La République a des questions à se poser" quand "un assassin désaxé" comme Mohamed Merah, "repéré par tous les services" a pu abattre sept personnes, a-t-il déclaré après avoir suscité la polémique pour avoir mis en accusation la classe politique dans ce fait divers sans précédent en France.

"Il est une montée des périls dans la société française. Montée de l'intolérance, montée des violences, montée des trafics de toute nature", a estimé François Bayrou, se disant, à l'évocation des guerres de religion, du côté d'Henri IV le rassembleur.

Le candidat du MoDem a annoncé que la lutte contre le trafic d'armes serait définie comme une priorité de l'action publique s'il était élu.

"L'oeuvre historique qui nous attend exige que les forces du peuple français soient réunies, au moins pendant cinq ans, pour éteindre l'incendie et rebâtir la maison", a conclu François Bayrou en appelant au rassemblement le plus large en sa faveur.

Sophie Louet

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