Le deuxième tour de la primaire a vu une participation en hausse de 4,5% et près de 4,3 millions de votants qui ont choisi François Fillon pour les représenter à la présidentielle

François Fillon aura réussi à sortir gagnant de cette première primaire de la droite et du centre
François Fillon aura réussi à sortir gagnant de cette première primaire de la droite et du centre © Maxppp / Christophe Morin

Selon les résultats communiqués par la Haute autorité de la primaire, sur 10.058 bureaux dépouillés, soit pratiquement la totalité (10.229)

  • François Fillon 66.5%
  • Alain Juppé 33,5%

Alain Juppé a reconnu sa défaite peu après 21h, précédant de quelques minutes le discours de victoire de François Fillon

La victoire me revient

François Fillon sera donc le candidat de la droite et du centre
François Fillon sera donc le candidat de la droite et du centre © Radio France

Il a qualifié sa victoire, François Fillon : "une victoire de fond qui a brisé tous les scénarios écrits d'avance", pour rappeler qu'elle fut un temps promise à Alain Juppé. L'ancien Premier ministre a également remercié ses électeurs, "qui ont trouvé en moi les valeurs françaises auxquelles ils sont attachés". Maintenant, dit-il "ma mission est de faire grandir l'espérance née lors de la primaire", "changer le logiciel de la France", vaincre la gauche et l’extrême droite, car "la gauche, c'est l'échec, l'extrême droite, c'est la faillite". François Fillon dit avoir "le devoir de vaincre l'immobilisme et la démagogie" . Un candidat de droite qui a des mots extrêmement durs pour le gouvernement "ce quinquennat qui s'achève a été pathétique, il va falloir y mettre un terme, et repartir de l'avant comme jamais nous ne l'avons fait depuis 30 ans". Pour cela, dit-il, j'aurai besoin de tout le monde".

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Je termine ma campagne en homme libre

Alain Juppé a reconnu sa défaite
Alain Juppé a reconnu sa défaite © Radio France

Après avoir reconnu sa défaite, Alain Juppé a félicité le vainqueur" pour sa large victoire" et lui a apporté son soutien "Je lui souhaite bonne chance pour sa prochaine campagne présidentielle et la victoire en mai prochain", a annoncé le candidat malheureux qui semblait très ému à la tribune pour ce qui semblait être l'annonce de la fin de sa carrière politique. "Je vais me consacrer pleinement à ma tâche de maire de Bordeaux qui m'a donné et me donne tant de joies", a ajouté Alain Juppé, âgé de 71 ans. "J'ai donné 40 de ma vie au service de la France et cela m'a apporté de grands bonheurs et quelques peines", a poursuivi celui qui a longtemps fait figure de favori de la primaire, lançant à ses soutiens les plus jeunes "à vous de continuer. Continuez à porter l'idée de la France que nous avons partagée, une France apaisée et réconciliée" et à "tendre la main à nos frères européens".

C’est donc bien le favori qui a remporté la primaire

Arrivé premier dimanche dernier avec 44,2% des voix, devant Alain Juppé avec 28,4%, François Fillon a rallié autour de sa candidature la majorité des éliminés du premier tour : Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Jean-Frédéric Poisson (NKM et Jean-François Copé appelaient eux à soutenir Alain Juppé).

Toute la semaine, le maire de Bordeaux a tenté de rattraper son retard en menant une campagne très offensive contre François Fillon, dénonçant un programme brutal et irréalisables concernant sa promesse de supprimer un demi-million de postes de fonctionnaires en cinq ans. Il a aussi dénoncé les réserves personnelles de François Fillon sur l'avortement, compte tenu de sa foi catholique qui lui valent le soutien d'opposants au "mariage pour tous". Il a également dénoncé ce dimanche "la campagne immonde" qu'il a subie de la part de l'extrême droite sur les réseaux sociaux où il était renommé "Ali Juppé, grand mufti de Bordeaux".

François Fillon a, lui, paru très serein toute le semaine, fort également de la victoire que les commentateurs lui attribuaient après le troisième débat. Il ironisait sur ce qu’il appelait les "caricatures" le dépeignant, selon lui, en "ami des extrémistes" et "croquemitaine réactionnaire".

Maintenant la droite doit réussir le rassemblement

Le gagnant et le perdant se sont serrés la main, peu avant 22h, au siège de la Haute autorité de la primaire de la droite. Symbole d’un rassemblement, prémisse à l'unité, que la droite espère réussir avant d'aborder la présidentielle en mai prochain.

Les deux candidats ont donné le signe que la droite attendait
Les deux candidats ont donné le signe que la droite attendait © Radio France

Pour le président par intérim de Les Républicains, Laurent Wauquiez, malgré les "moments de tension" qui ont pu émailler l'entre-deux-tours, Il faut maintenant "réussir l'unité". Pour cela "Il faudra faire des gestes : à l'égard de son adversaire du second tour et à l'égard des électeurs qui ont soutenu Nicolas Sarkozy."

L'ancien président et candidat malheureux qui a publié, dès 20h45, un message appelant au rassemblement.

La droite et le centre sont-elles vraiment rassemblées ?

Cette primaire est celle de la droite, mais aussi celle du centre. Le centre c'est le MoDem et donc François Bayrou. Le maire de Pau avait prévenu que si Nicolas Sarkozy était le porte-drapeau en 2017, il serait candidat. La victoire de François Fillon contre Alain Juppé, que François Bayrou soutenait, pose question aux centristes. Le président du MoDem a émis dimanche soir, dans un communiqué, des doutes sur le projet du vainqueur, se demandant s'il est "au point d'équilibre qu'exige l'avenir de la France". Selon François Bayrou "ce programme pose en réalité de nombreuses questions aux citoyens et à notre société, qui vont apparaître dans les semaines qui viennent. Ces questions devront trouver réponse", écrit le maire de Pau, tout en rassurant, après avoir inquiété, sur ses intentions en reconnaissant qu'"au-delà du résultat de cette compétition, le rassemblement demeure la condition même de l'alternance en 2017".

Une primaire réussie et rentable

Avec plus de quatre millions de votants aux deux tours, d’ores et déjà la droite peut se féliciter d'avoir mené à bien ce moment démocratique et d’avoir mobilisé en vue de la présidentielle : le candidat bénéficiera de ce succès et de ce socle électoral considérable. Son programme aura été également validé par ce vote.

Réussite supplémentaire côté finances. Les organisateurs avaient calculé qu’avec deux millions de votants à chaque tour, les dépenses consenties pour la primaire seraient remboursées. Avec quatre millions de votants, le premier tour a donc suffi. Les bénéfices issus du second, qui devraient se monter à sept millions, seront reversés à François Fillon pour financer sa campagne pour la présidentielle, auxquels s'ajouteront cinq millions d'euros que le parti Les Républicains avait prévu de donner au candidat gagnant.

Les résultats du deuxième tour
Les résultats du deuxième tour © AFP
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