La majorité socialiste a pris lundi pour cible François Fillon, qui a suggéré de voter pour "le moins sectaire" des candidats en cas d'un duel entre le Parti socialiste et le Front national au second tour d'une élection municipale.

françois fillon rouvre le débat à l'ump sur le fn
françois fillon rouvre le débat à l'ump sur le fn © reuters

Le vice-président de l'UMP Luc Chatel, qui s'est rapproché récemment de l'ancien Premier ministre, candidat à l'investiture de la droite pour l'élection présidentielle de 2017, a jugé pour sa part sur RTL que le FN était aujourd'hui "l'allié du Parti socialiste". Invité dimanche du "Grand Rendez-vous" Europe 1-Le Monde-i> Télé, François Fillon a livré une stratégie inédite pour les élections municipales de 2014, en cas de duel PS-FN, après avoir réitéré son "combat total contre l'extrême droite".

François Fillon a ainsi déclaré:

J'ai dit à mes amis à plusieurs reprises "Votez pour le moins sectaire" parce que le maire d'une ville doit être capable de la rassembler. Un maire sectaire ne tient en général pas très très longtemps?.

A la question de savoir si un candidat socialiste pouvait être plus "sectaire" qu'un candidat FN, le député UMP de Paris a répondu : "Ça peut arriver, je ne dis pas que c'est toujours le cas, mais ça peut arriver".

Sur BFM TV et RMC Info, le ministre de l'Education, Vincent Peillon a déclaré:

François Fillon "a tort pour le pays, il a tort pour son mouvement politique. On peut trouver toutes les raisons de se démettre d'un certain nombre de principes mais face à l'Histoire, on a toujours tort. A laisser entendre qu'il y aurait une équivalence entre le Front national, qui est un parti xénophobe, qui assume des valeurs qui sont souvent anti-républicaines, et le Parti socialiste, je pense que M. Fillon dérape.

Dans un communiqué, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, avait accusé François Fillon de "créer un désistement antirépublicain inédit en faveur d'une force d'extrême droite par pur cynisme électoral" et d'ouvrir ainsi la voie à des alliances locales entre l'UMP et le FN, ce que rejette officiellement le premier parti d'opposition français.

Jean-Louis Borloo se démarque

Invité de la matinale de France Inter, le président centriste de l'UDI, Jean-Louis Borloo, s'est démarqué lundi de François Fillon en considérant qu'il était "plus facile" d'administrer une ville "avec des gens de gauche qu'avec le Front national".

Jean-Louis Borloo a ainsi déclaré:

Les souvenirs que nous avons des villes gérées par le Front national ne me font pas penser à une ouverture d'esprit.

La doctrine UMP du "ni ni" a été arrêtée par Nicolas Sarkozy, avec Jean-François Copé, lors des élections cantonales de 2011, pour les cas où un candidat de gauche se retrouverait seul face à un candidat d'extrême droite dans un scrutin. La stratégie fait débat au sein du parti où des élus n'excluent pas une alliance avec le FN au niveau local.

François Fillon, qui s'était dissocié de cette ligne dans un premier temps, s'y est finalement rallié publiquement en octobre 2012, lors du débat télévisé qui l'avait opposé à Jean-François Copé avant l'élection à la présidence de l'UMP. Il avait alors déclaré qu'il n'appellerait "jamais à voter pour le Parti socialiste" mais qu'il ne mettait pas le PS et le FN "sur le même plan".

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