François Fillon sera le candidat de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017. Mais le rassemblement est-il vraiment possible ?

Alain Juppé et François Fillon au soir du second tour de la primaire de la droite et du centre
Alain Juppé et François Fillon au soir du second tour de la primaire de la droite et du centre © AFP /

François Fillon, déjouant tous les pronostics, a été investi ce dimanche à une écrasante majorité. Il remporte la primaire de la droite et du centre et en sera le candidat pour la présidentielle de 2017.

Objectif rassemblement pour François Fillon, juste après sa victoire. Il a lancé un appel "à tous ceux qui veulent servir" la France pour mettre un terme à un quinquennat "pathétique". Cependant, il devrait rapidement remanier son équipe et celle du parti Les Républicains, pour le mettre en ordre de marche pour la campagne présidentielle. Et il y aura des déçus, notamment dans les camps sarkozystes. François Fillon sera, dans les jours qui viennent, en position d'équilibriste, souhaitant à la fois montrer l'unité mais aussi s'entourer de personnalités qui croient à son projet.

Tous unis... en apparence

Sous le sceau de la réconciliation entre François Fillon et Alain Juppé, après un entre-deux-tours tendu, les différentes sensibilités de la droite et du centre se sont engagées dès dimanche soir à se rassembler pour porter cette "espérance".

Ralliement symbolique, Jean-François Copé, ennemi intime de François Fillon depuis l'élection contestée à la présidence de l'UMP en 2012, a été l'un des premiers à le féliciter pour "une magnifique victoire". "Je serai à ses côtés avec toute la famille rassemblée", a-t-il indiqué.

Pour les soutiens d’Alain Juppé, le score sans appel au second tour de la primaire parle de lui-même. "J'aurais préféré 52-48. A près de 70%, c'est que la capacité de rassemblement de François Fillon ne peut pas être mise en cause", a concédé le député Benoist Apparu, soutien du maire de Bordeaux.

Nicolas Sarkozy, déchu au premier tour, appelle lui aussi à ce rassemblement.

Laurent Wauquiez, président par intérim du parti Les Républicains, est du même avis : un rassemblement est "nécessaire" pour une victoire en 2017.

Alain Juppé traîne des pieds

Ce rassemblement de la droite et du centre ne se fera pas sans mal. Alain Juppé et son équipe ont fait valoir qu'ils "continueraient à défendre leurs positions", celles d'un "libéralisme humaniste".

Pour apaiser et réconcilier, il faut aussi donner une espérance. Il faut mettre sa force au service de la générosité, du respect mutuel, de la justice.

Réconciliation plus compliquée au centre

Et puis cette primaire était celle de la droite mais aussi du centre. Et là, le rassemblement semble plus compliqué. Dans un communiqué, le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, qui s'était engagé aux côtés d'Alain Juppé, est clair :

Je l’avais dit avant le premier tour, avec Nicolas Sarkozy nous avions des incompatibilités, avec François Fillon nous n’avons que des différences.

Jean-Christophe Lagarde dit avoir amorcé un rapprochement avec François Fillon en vue d'un "projet législatif commun". Un projet qui fera "l’objet d’un débat" dans les fédérations et qui sera "soumis au vote d’un Conseil national au début de l’année prochaine". Rien n'est gagné, donc.

Enfin, le président du MoDem François Bayrou soutenait Alain Juppé et a laissé planer le doute. Il affirme que le programme de François Fillon laisse en suspens des "questions qui devront trouver réponse".

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