[scald=89425:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Fillon a reconnu jeudi des échecs pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy mais a estimé que le courage du chef de l'Etat et sa gestion de la crise devraient lui valoir d'être réélu par les Français à la présidentielle du printemps.

Invité de l'émission politique "Des paroles et des actes", sur France 2, le Premier ministre a défendu le bilan du gouvernement et plaidé pour la continuité des réformes, notamment pour réduire les déficits.

"Il y a 100 milliards de déficits qu'il faut, d'ici 2016, faire disparaître", a-t-il dit.

Le plus à même de mener à bien cette politique est Nicolas Sarkozy, a-t-il suggéré. "Ma conviction, c'est que dans cette crise, les Français choisiront le plus solide."

François Fillon a esquissé un mea culpa sur l'action du gouvernement mais a insisté sur le fait que Nicolas Sarkozy et lui-même avaient toujours fait face à leurs responsabilités.

"Bien sûr que nous n'avons pas tout réussi, bien sûr qu'il y a eu des espérances que nous avons déçues, mais personne ne pourra nous accuser à l'issue de ce quinquennat d'avoir fait preuve de lâcheté", a-t-il dit.

Une semaine après un face-à-face dans la même émission entre le candidat socialiste François Hollande et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé qui, selon de nombreux observateurs, avait tourné à l'avantage du premier, François Fillon a été confronté à Martine Aubry.

"J'aurais aimé vous entendre parler des atouts de la France", a lancé au Premier ministre la première secrétaire du PS, battue par François Hollande lors de la primaire socialiste.

PRESQUE VAINCU PAR UNE SCIATIQUE

Lors d'un débat sans éclats de voix et rarement passionnant, François Fillon a une nouvelle fois accusé l'opposition socialiste de noircir de manière caricaturale le bilan du gouvernement.

"Laissons les Français juger", a répondu Martine Aubry, qui a qualifié d'"inutiles et injustes" les dernières mesures annoncées par le gouvernement, notamment la hausse de la TVA.

François Fillon, qui aura été le seul Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant le quinquennat, malgré des relations parfois tendues avec le chef de l'Etat, n'a pas nié qu'il y ait eu des divergences mais n'a pas souhaité entrer dans les détails.

"Les mauvais souvenirs, je les garde pour moi", a-t-il dit avant de confier l'un des secrets de sa longévité : "Je crois que la ténacité a été assez utile pendant ces cinq dernières années."

Le chef du gouvernement, très loyal envers Nicolas Sarkozy depuis sa reconduction à la faveur du remaniement de novembre 2010, a dit avoir formé avec le président "un couple efficace et harmonieux".

Il a dit n'avoir songé à abandonner ses fonctions qu'une seule fois, en raison d'une sciatique. "Quand on ne peut même pas s'asseoir dans sa voiture, c'est compliqué", a-t-il dit.

François Fillon, qui se présentera au printemps prochain aux législatives à Paris et pourrait briguer deux ans plus tard la mairie de la capitale, a dit se garder "toutes les options" pour son avenir personnel, sans être plus précis.

Sa question d'une candidature à la présidentielle de 2017 "n'a pas d'intérêt aujourd'hui", a-t-il dit, sans fermer tout à fait la porte.

Patrick Vignal

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