[scald=86845:sdl_editor_representation]VILLEURBANNE, Rhône (Reuters) - A moins de trois mois du premier tour de la présidentielle, François Fillon a critiqué mercredi à Lyon ce qu'il voit comme la démagogie de la gauche et l'a accusée de mentir pour tenter de conquérir le pouvoir.

Lors d'une cérémonie de voeux aux militants UMP du Rhône qui a pris des allures de meeting de campagne, le chef du gouvernement a vivement répondu au premier grand discours du candidat PS François Hollande et à sa déclaration de guerre au "monde de la finance", dimanche dernier au Bourget.

"Notre véritable adversaire, c'est la démagogie. Il est beaucoup trop facile de désigner pour coupables de tous nos problèmes le monde de la finance, les banques, les agences de notation ou je ne sais quel trader malhonnête", a-t-il dit.

"Certes, ils ont une part de responsabilité (...) mais cette façon de désigner des boucs émissaires, d'accuser les autres pour s'exonérer des responsabilités qui sont les nôtres n'est pas digne d'une grande Nation", a-t-il ajouté.

Il voit en son adversaire "une gauche sectaire" qui ne souhaite à ses yeux qu'accéder au pouvoir. "Pour cela, tous les mensonges sont bons", a-t-il dit.

Le Premier ministre était en déplacement officiel sur le thème de la formation professionnelle et de l'emploi mais il a saisi cependant l'occasion pour attaquer le candidat PS, en progression dans les sondages alors que Nicolas Sarkozy n'est pas encore candidat déclaré.

Il s'en est pris notamment à la proposition PS de rétablir l'âge légal de 60 ans pour le départ à la retraite, concernant les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans.

"Dire la vérité pour servir l'intérêt général, ou esquiver la vérité pour ne pas déplaire, chacun choisit son camp", a-t-il déclaré.

"(La proposition) est aussi révélatrice de l'idée que l'on se fait du maintien de la solidarité sociale: réformer pour conserver l'essentiel de nos droits sociaux ou remettre à plus tard ce qui doit être fait maintenant au risque de tout perdre? Là encore, chacun choisit son camp", a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre a estimé que la France devait poursuivre la politique de Nicolas Sarkozy. "Je ne laisserai pas compromettre l'avenir avec des illusions", a-t-il déclaré.

Catherine Lagrange, édité par Thierry Lévêque

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.