[scald=63763:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Plusieurs ministres, dont Bruno Le Maire et Luc Chatel, ont reproché à François Hollande de "jouer le jeu de la défaite" face aux marchés financiers par ses déclarations sur le triple A français.

Le candidat socialiste pour l'élection présidentielle a estimé vendredi que les marchés financiers avaient déjà anticipé une dégradation de la note française sur les marchés obligataires.

"Soit on fait le jeu de la spéculation, on est défaitiste, on fait comme François Hollande 'de toute façon c'est foutu, on n'y arrivera pas' et on se résigne à la défaite. Moi, je ne me résigne pas à la défaite", a déclaré le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire sur Europe 1.

"Je reproche à François Hollande, en tenant ce genre de propos, de se résigner à la défaite face aux marchés financiers. Je reproche à François Hollande de jouer le jeu de la défaite", a insisté Bruno Le Maire.

Pour le ministre de l'Agriculture, "dans cette guerre-là, il faut choisir son camp et il faut tout faire pour sauver effectivement le triple A de la France".

Selon lui, le candidat socialiste pourrait "jouer un rôle utile" en annonçant par exemple qu'il demande aux socialistes de voter la "règle d'or" visant à encadrer les dépenses de l'Etat. Il pourrait aussi annoncer, a-t-il poursuivi, qu'il renonce à toutes les dépenses publiques qui sont prévues dans le projet socialiste.

"Quand on aspire à être un homme d'Etat, on doit faire corps, on doit être soudé, on doit défendre son pays", a dit de son côté le ministre de l'Education, Luc Chatel.

"On avait le sentiment, presque, que François Hollande se réjouissait de la dégradation de la note de la France", a-t-il dit au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, avait déjà estimé samedi que les propos de François Hollande allaient "à l'encontre de l'intérêt de la France".

"M. Hollande nous dit que les marchés anticipent déjà la dégradation de la dette. Cela signifie qu'il se résout à cette dégradation de la dette", s'était indigné le ministre sur Europe 1.

Il reprochait également au candidat socialiste de ne pas appuyer le gouvernement lorsqu'il soumet au Parlement des mesures d'austérité. "Ni lui ni le Parti socialiste ne votent aucun des plans de redressement", a déploré Claude Guéant.

Gérard Bon, édité par Jean-Stéphane Brosse

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