[scald=103961:sdl_editor_representation]MARSEILLE (Reuters) - François Hollande met les électeurs de gauche en garde contre la dispersion des voix au premier tour de l'élection présidentielle, qui risque selon lui de bénéficier à un Nicolas Sarkozy dont le camp est selon lui uni et combatif.

Le candidat socialiste a fait référence au 21 avril 2002, lorsque la multiplication des petites listes de gauche avait privé Lionel Jospin de second tour au profit du président du Front national Jean-Marie Le Pen.

"Le 21 avril 2002 doit encore être dans toutes les mémoires. Nous ne devons prendre aucun risque. La dynamique du premier tour est décisive pour l'emporter. Aucune voix ne doit manquer", affirme-t-il dans un entretien à La Provence avant le grand meeting qu'il doit tenir à Marseille ce mercredi.

Pour lui, il y a un danger à penser que "le premier tour est un moment où l'on exprime davantage une aspiration, une colère que sa préférence pour un candidat qui pourrait devenir président".

Il vise notamment le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, qui frôle les 10% dans les intentions de vote, même si le candidat socialiste se refuse à "faire pression sur les autres candidats de la gauche".

Un retour de Nicolas Sarkozy reste possible, comme le montrent plusieurs sondages qui donnent depuis dimanche le président-candidat devant François Hollande au premier tour.

"Je n'ai jamais pensé que nous aurions un adversaire qui ne défende pas ses chances jusqu'au bout. À défaut de défendre un bilan qu'il escamote et de présenter un projet qu'il n'a toujours pas dévoilé", estime-t-il. "Il est dans l'incohérence et dans l'inconséquence."

S'il qualifie de "péripétie" l'inversion des courbes des sondages, il craint aussi une forte abstention.

"Beaucoup de nos concitoyens pensent que l'élection ne changera pas leur vie. Il y a beaucoup de difficultés chez nos compatriotes, beaucoup de précarité, beaucoup de colère froide qui peuvent les dissuader du vote. Le retrait civique serait le pire des choix puisqu'il favoriserait le président sortant", prévient-il.

"Il y a même une part de manoeuvre du côté de la droite qui voudrait faire une campagne dont le niveau ne serait pas élevé. Ainsi les Français pourraient se détourner du scrutin", dit-il.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

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