françois hollande demande à être jugé à la fin de son mandat
françois hollande demande à être jugé à la fin de son mandat © reuters

Du 6 mai 2012 au 6 mai 2014, de l'enthousiasme à l'impopularité, c'est peu de dire que la présidence Hollande a déçu. Le président de la République veut profiter de ce jour anniversaire pour se confronter aux Français, en interview et sur le terrain.

Deux ans jour pour jour après son élection, François Hollande, président le plus impopulaire de la Ve République, a donc dû se justifier, à nouveau. En grande partie dans une interview sur RMC et BFM TV, où le chef de l'État a parlé de ses regrets" après deux ans à la tête du pays.

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Pas assez rapide dans ses réformes, conscient de n'avoir pas suffisamment "expliqué", François Hollande a de nouveau promis un "retournement" économique et des résultats aux "efforts" demandés aux Français.

Christian Delporte, spécialiste en communication politique et professeur à l'université de Versaille, décrypte avec Patrick Boyer cette intervention présidentielle

Seule annonce : un éventuel report de 2015 à 2016 des élections régionales, de manière à procéder au redécoupage territorial qui ferait passer le nombre de régions de la France métropolitaine de 22 aujourd'hui à "11 ou 12". Le chef de l'Etat, qui consultera les partis politiques sur la question, s'est aussi prononcé pour une disparition des conseils généraux, qui ont "vécu".

Je ne suis pas un président qui doit être dans le regret mais dans le rebond, dans la réplique, dans la réponse, dans la réaction. Je n'ai rien à perdre. Ce qui compte, c'est que le pays ait tout à gagner. Je ne veux pas du tout occulter ces deux années. Au contraire, elles ont été majeures pour poser les réformes essentielles. Mais maintenant, je veux qu'il y ait des résultats, des résultats qui ont tardé à venir compte tenu de la situation, mais qui sont possibles.

Un deuxième mandat suspendu aux chiffres du chômage

Conscient de l'impatience des Français, François Hollande a dit vouloir "tout faire" pour que les résultats "soient perceptibles par les Français le plus rapidement possible" au cours d'"un quinquennat de réformes et de changements".

"Chaque minute de mon mandat, je vais me battre pour que la France réussisse, je n'ai pas d'autre objectif", a-t-il insisté.

Il a à nouveau lié les résultats de sa politique à sa décision de présenter ou non pour un deuxième mandat en 2017.

Comment voulez-vous qu'à la fin du mandat, si j'ai échoué sur la croissance, échoué sur le chômage, échoué sur le redressement du pays, je puisse dire, 'j'ai la solution pour la suite'? Ce n'est pas ma réélection qui me préoccupe, c'est l'avenir de la France.

Aux inquiétudes des Français sur leur pouvoir d'achat, il a confirmé une amélioration pour le bas du barème de l'impôt sur le revenu de cette année "dès le mois de septembre". Le gel du barème de l'impôt sur le revenu, décidé sous le mandat de Nicolas Sarkozy et prolongé après l'arrivée au pouvoir de François Hollande, avait rendu redevables de l'impôt sur le revenu de nombreux ménages modestes jusqu'alors épargnés du paiement de cet impôt, participant au "ras-le-bol fiscal".

Evidemment, à droite, cette prestation n'a pas convaincu. Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, François Hollande est un président aux abois

Quant à Thierry Mandon, député PS de l'Essonne, il a vu un président "debout et au combat"

Après son intervention à la radio et à la télévision, le président s'est rendu à Villiers-Le-Bel, une ville symbolique puisqu'elle avait été le théâtre d'émeutes urbaines en 2007.

Un autre lieu idéal pour renouer les liens avec les Français : reportage sur place de Marion Lagardère

François Hollande, deux ans de présidence
François Hollande, deux ans de présidence © IDÉ
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