[scald=221517:sdl_editor_representation]par Julien Ponthus

DIJON (Reuters) - François Hollande a martelé lundi à Dijon sa promesse d'inverser la courbe du chômage avant la fin 2013, un exercice pédagogique "d'art de la répétition" - selon le maire de la ville François Rebsamen - face à une opinion publique incrédule.

Le président français a inauguré dans la capitale de la Côte d'Or un nouveau format de déplacement politique de deux jours, censé lui permettre de renouer le contact avec ses compatriotes et retrouver leur confiance dix mois après son élection.

"Ici à Dijon, il y a des politiques qui sont en cours de réussite et je voulais les accompagner, montrer ce qui avance, ce qui marche", a dit le chef de l'Etat après avoir visité une entreprise de biotechnologie.

"La politique de Jean-Marc Ayrault a des instruments qui nous permettront à la fin de l'année d'atteindre nos objectifs et je le rappelle, le premier c'est d'inverser la courbe du chômage", a-t-il rappelé. "C'est difficile, c'est dur, c'est comme pour le mur d'escalade, on est en bas, il faut arriver en haut, eh bien, on va grimper, étape par étape, et on va réussir à aller jusqu'en haut."

Arrivé en début d'après-midi en train, François Hollande a pris un long bain de foule dans le quartier dit des "Grésilles" où le taux de chômage atteint 32% mais dont la rénovation est jugée "exemplaire" par l'Elysée.

Il y a rencontré des jeunes dans une salle de sport dédiée à l'escalade et signé quatre contrats d'avenir dans une maison de l'Emploi où il a fait l'éloge de ce dispositif.

"On a le devoir de réussir, 100.000 emplois d'avenir à la fin de l'année, je pense que nous serons au rendez-vous", a-t-il dit, promettant la mobilisation de l'Etat.

Ce déplacement intervient alors que des voix à gauche jugent que la communication du gouvernement n'est pas à la hauteur et force François Hollande à monter en première ligne.

"Il parle sans relâche, parfois on peut dire qu'il parle trop. Dès qu'il est en sortie, on lui tend le micro et il répond", a estimé lundi le député Jean-Christophe Cambadélis, prétendant malheureux à la direction du Parti socialiste.

Il faut voir là selon lui la raison des mauvais sondages du président, qui a atteint un plus bas historique dans la baromètre Ipsos-Le Point, avec 31% d'opinions favorables, soit une baisse de cinq points en un mois.

Pour le maire socialiste de Dijon, François Rebsamen, le président doit au contraire aller à la rencontre des Français et leur rappeler inlassablement les instruments mis en oeuvre pour relancer la croissance, comme le crédit d'impôt compétitivité.

"LE TEMPS QUE ÇA INFUSE"

"La pédagogie c'est quand même l'art de la répétition", a-t-il jugé. "Il faut le temps que cela infuse, que cela pénètre."

Un temps pressenti pour le ministère de l'Intérieur, François Rebsamen a critiqué devant la presse l'attitude de certains ministres issus "d'une génération assez perso".

"Il faut qu'ils apprennent à travailler plus collectif", a-t-il dit en expliquant que la visite de François Hollande était destinée à redonner de la confiance aux Français et à leur permettre de voir "le bout du tunnel".

Le sénateur-maire a aussi opposé la visite de Nicolas Sarkozy en janvier 2012 où, selon l'édile, sa ville était en "état de siège" à cause des mesures de sécurité draconiennes au caractère bon enfant des contacts avec Hollande.

Grâce à son "empathie" avec les Français, le président peut encore se permettre des bains de foule sans "barrières de sécurité", a-t-il dit en minimisant les quelques incidents intervenus durant son parcours dans les "Grésilles".

"Elles sont ou les promesses?" a crié un militant du syndicat Solidaires, promptement emmené à l'écart par le service de sécurité.

"Pour deux personnes qui criaient cela, il y en avait des centaines qui l'encourageaient", a dit François Rebsamen.

Point d'orgue d'un déplacement qu'on aurait cru de campagne électorale, François Hollande prononcera un discours mardi devant les "forces vives" à la mairie avant de prendre la route pour rencontrer élus et habitants de petites communes rurales.

L'ancien maire de Tulle, qui prépare une intervention à la télévision d'ici à fin mars, prévoit d'effectuer régulièrement ce type de déplacements tout au long de son quinquennat.

Edité par Yves Clarisse

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