François Hollande s’envolera ensuite pour Cuba, une première pour un président français depuis l'indépendance du pays en 1898
François Hollande s’envolera ensuite pour Cuba, une première pour un président français depuis l'indépendance du pays en 1898 © Reuters

Ce dimanche 10 mai, journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, François Hollande a inauguré à Pointe-à-Pitre le Mémorial ACTe, "plus grand centre mondial sur l'esclavage", en présence notamment des chefs d'État d'Haïti, du Sénégal, du Mali et du Bénin.

Après Fort-de-France, Pointe-à-Pitre : le président de la République a poursuivi ce dimanche sa visite dans la Caraïbe. A l'occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, François Hollande a inauguré le Mémorial ACTe, "plus grand centre mondial sur l'esclavage", en présence notamment des chefs d'État d'Haïti, du Sénégal, du Mali et du Bénin, au son grave des tambours et des conques, avec lesquels communiquaient les esclaves. Le chef de l'État a coupé le ruban tricolore, sous un jeu d'ombre et de lumière distillé par le treillage métallique qui coiffe le bâtiment, entouré des ministres Ségolène Royal (Écologie), Christiane Taubira (Justice), Fleur Pellerin (Culture), George Pau-Langevin (Outre-mer), Annick Girardin (Francophonie), du président de l'Assemblée Claude Bartolone, ainsi que du président de la région Guadeloupe Victorin Lurel et du maire de Pointe-à-Pitre Jacques Bangou. Le président est ensuite entré dans le bâtiment, passant d'abord devant une sculpture monumentale dans le patio central, un arbre métallique symbolisant le "poto mitan", pilier des cultures antillaises et métaphore des racines.

Ce bâtiment permettra de dire au monde que les combats pour l'émancipation et l'égalité ne sont pas terminés

"Quand on voit ces nouveaux négriers qui transportent des familles sur la Méditerranée et leur cynisme, on dirait qu’on en a terminé avec l’émancipation et l’égalité humaines… Alors je pense que ce bâtiment permettra de dire au monde que ces combats ne sont pas terminés", a expliqué plus tôt dans la matinée François Hollande.

François Hollande "Ce bâtiment permettra de dire au monde que ces combats ne sont pas terminés" :

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S Hollande / Mémorial Esclavage

Pour le syndicaliste Elie Domota, le compte n’y est pas : "Bon nombre de rues portent encore le nom d’esclavagistes. La loi qui indemnise les esclavagistes n’a jamais été abrogée non plus. Et la justice ne condamne pas l’apologie de l’esclavage et la traite des noirs…" D'autres voix s'élèvent pour dénoncer un coût trop élevé, une oeuvre monumentale tournée vers la mémoire et donc le passé alors que le futur des jeunes dans les Caraïbes est miné par l'illetrisme et la pauvreté.

Elie Domota, syndicaliste :

0'53

INTER 6H - 10H00 - S Elie Domota

"Quand ils disent qu'ils sont opposés à la réparation, c'est qu'ils considèrent que la citoyenneté française c'est la réparation. C'est comme si vous venez chez quelqu'un, vous tuez la famille, vous violez la petite fille, et quelques années après vous lui faites deux enfants, vous vous mariez avec elle et vous considérez que le problème est réglé!", a argumenté Elie Domota.

"C'est bien pour nos ancêtres mais est-ce que ça sert à notre jeunesse ?"

Elie Domota et d'autres s'élèvent pour dénoncer un coût trop élevé (100 millions d'euros), une oeuvre monumentale tournée vers la mémoire et donc le passé alors que le futur des jeunes dans les Caraïbes est miné par l'illetrisme et la pauvreté. "C'est bien pour nos ancêtres, mais est-ce que ça sert à notre jeunesse ?", s'interroge une habitante, au micro de Cyril Graziani.

Cyril Graziani est l'envoyé spécial de France Inter à Pointe-à-Pitre, il a rencontré des habitants mécontents :

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E Mémorial Antilles / Polémique

Après la Guadeloupe, Cuba

François Hollande s’envolera ensuite pour Cuba, une première pour un président français depuis l'indépendance du pays en 1898, que Paris place sous le signe de l'ouverture à une île en pleine mue grâce au rapprochement avec les Etats-Unis. Point d'orgue de la tournée présidentielle de cinq jours dans six îles des Caraïbes, cette journée et ces deux nuits passées dans l'île communiste de 11 millions d'habitants seront l'occasion d'un message "d'ouverture à la Cuba nouvelle".

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