[scald=95903:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Auteur d'un nouveau livre où il expose sa conception de la présidence, François Hollande est contraint de retrouver une dynamique de campagne à même de contrer la puissante entrée en lice de Nicolas Sarkozy dans la course à l'Elysée.

L'offensive du chef de l'Etat, candidat depuis une semaine, oblige son adversaire socialiste à trouver un second souffle sans brouiller l'image d'homme déterminé et tranquille dont il a fait une marque de fabrique.

"Je ne suis pas du tout dans la recherche d'un candidat à affronter, je suis dans la recherche fondamentale", a-t-il plaisanté mercredi à son arrivée au Génopole d'Evry, dans l'Essonne.

"Il faut suivre les étapes nécessaires, toujours, ne pas s'affoler, ne pas s'agiter, je laisse ça à d'autres", a-t-il ajouté à l'adresse d'un président qui le talonne dans les intentions de vote au premier tour, selon une enquête CSA.

A la droite qui accuse le candidat de n'avoir plus rien à dire, Martine Aubry a rétorqué de son côté qu'il n'y avait "aucun flottement dans la campagne de François Hollande".

"Le président de la République s'est déclaré. Ce n'est pas anormal que pendant quelques jours il y ait des réactions sur ce qu'il a proposé, il n'a d'ailleurs pas proposé de projet", a dit la première secrétaire du PS sur La chaîne parlementaire.

"Nous ne sommes pas dans la communication permanente. M. Sarkozy fait des coups", a-t-elle accusé.

Ce week-end en Corrèze, François Hollande soulignait la nécessité de "créer une attente et ne pas être dans le train-train" dans la campagne, conscient qu'"une faute, une mauvaise phrase, un événement" pourraient bousculer la position de favori des sondages qu'il occupe depuis la chute de Dominique Strauss-Kahn, en mai dernier.

A deux mois du premier tour sort un nouveau livre de François Hollande, "Changer de destin" (Robert Laffont), que le candidat dédicacera jeudi dans une librairie du Mans (Sarthe).

"Tout, dans ma vie, m'a préparé à cette échéance : mes engagements et mes responsabilités, mes réussites et mes épreuves", écrit le député de Corrèze dans cet ouvrage de 170 pages, selon des extraits publiés par le Nouvel Observateur.

Les thématiques de l'égalité, de la justice, de la vérité dominent le livre où le candidat s'attarde sur des thèmes (sécurité, communautarisme, immigration) "où la gauche n'a jamais été très à l'aise au cours de ces dernières années".

MITTERRAND ET DE GAULLE

François Hollande, qui se réfère à François Mitterrand mais aussi au général De Gaulle, parle de son amour de la France.

"Je l'avoue, j'aime les grandes heures de l'Histoire de France", écrit-il, évoquant aussi les "chemins corréziens, ces champs et ces bois, ces églises et ces villages qui me sont, comme écrivait Du Bellay 'une province et bien davantage'".

Le candidat entend "restaurer" une "République du XXIe siècle" qui encourage "le mérite et le travail", "respectueuse de la planète", respectueuse des citoyens "sans distinction".

Dénonçant en creux l'"hyperprésidence" actuelle, il estime que "le président ne doit pas être au four et au moulin. Il ne doit pas interférer dans le détail du travail des ministères".

Sur un registre plus intime, il confie avoir ressenti la défaite de Ségolène Royal - la mère de ses quatre enfants - au deuxième tour de l'élection présidentielle, le 6 mai 2007, comme "une tristesse personnelle".

Il parle aussi de sa compagne Valérie Trierweiler, qui lui a "apporté le soutien, les conseils et surtout le bonheur personnel qui est indispensable pour mener une telle bataille".

Dans "Changer de destin", François Hollande dit "peu" connaître Nicolas Sarkozy, décrit comme faisant partie "de ces personnalités qui parlent plus qu'elles n'écoutent", comme "un homme énergique et vif rempli d'une seule certitude. La sienne".

Le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon est qualifié de "militant sincère" ayant su "capter ce qui reste de l'ancienne force du PC".

Il cible la candidate du Front national Marine Le Pen "qui affirme que son parti a changé (mais) qui défend toujours une conception ethnique, pour ne pas dire raciale, de l'identité française, qui la rattache directement aux courants de pensée de l'extrême droite de naguère".

Quant au président du MoDem François Bayrou, François Hollande estime "qu'un centriste assis entre deux chaises ira toujours moins loin qu'un socialiste qui marche".

Elizabeth Pineau, avec pool à Evry, édité par Patrick Vignal

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