[scald=104677:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Hollande s'est efforcé jeudi soir de démontrer que des sondages moins favorables et les coups portés par son principal adversaire ne sauraient le faire dévier de son objectif d'aller "jusqu'au bout" de la campagne présidentielle.

Sur le plateau de " Des paroles et des actes", sa dernière grande émission télévisée avant le début de la campagne officielle, le 20 mars, le député de Corrèze a dit sa détermination à tenir sa ligne en appelant au vote utile dès le premier tour, le 22 avril.

"Je tiens bon et si vous voulez tout savoir, je tiendrai jusqu'au bout", a dit le candidat, objet d'attaques nourries de la part de Nicolas Sarkozy qui évoque la fébrilité qui gagne selon lui le camp socialiste.

"Etre dans l'excès comme nous l'avons vécu depuis cinq ans, avec ses phrases, avec parfois ses vulgarités, j'ai l'impression même que ça le reprend, vous pensez que c'est la meilleure manière de donner une dignité au débat public ?", a-t-il lancé à l'adresse de celui qu'il s'applique à appeler le "candidat sortant".

"L'objectif qui est le mien, c'est d'être au plus haut possible le soir du premier tour parce que c'est ça qui créera la dynamique au second tour", a déclaré François Hollande qui "n'imite personne" et se veut "le plus authentique possible".

Alors que la gauche présente plusieurs candidatures, dont celle de Jean-Luc Mélenchon crédité de plus de 10% des intentions de vote, François Hollande a précisé qu'en cas de qualification, le rassemblement entre les deux tours se ferait autour de son projet.

"Je ne négocierai pas avec quiconque, je ne ferai pas d'ouverture vers ceux qui n'ont pas voté pour moi, ça n'a aucun sens", a-t-il précisé, invitant notamment le candidat centriste François Bayrou à faire "un choix" le moment venu.

Se posant en rassembleur, François Hollande a dit vouloir demander aux Français de lui "donner la force de permettre le redressement du pays, la justice dans l'effort, et la capacité à pouvoir changer l'Europe".

Au cours de cette émission de deux heures et demie, le candidat a précisé plusieurs points de son projet, notamment en matière budgétaire.

Il s'est ainsi dit opposé à toute sanctuarisation des objectifs de réduction des déficits.

TRAITÉ EUROPÉEN

"Je ferai bien sûr les économies nécessaires mais en même temps je ne sacrifierai pas les intérêts de notre pays", a-t-il dit, ajoutant qu'il refuserait toute ratification du traité européen de discipline budgétaire européen en l'état.

"Le Parlement ne ratifiera pas un traité qui n'aura pas été complété par un dispositif de croissance", a-t-il affirmé.

En matière fiscale, François Hollande a précisé qu'il n'y aurait pas de plafonnement sur la tanche d'imposition à 75% pour les revenus annuels dépassant un million d'euros qu'il compte créer, contrairement à ce qu'avait laissé entendre Laurent Fabius.

Il a aussi annoncé son intention d'élargir la taxe proposée par Nicolas Sarkozy sur les exilés fiscaux pour la Belgique, la Suisse et le Luxembourg.

Il a prôné l'instauration au parlement d'un débat annuel sur l'immigration économique et précisé sa position sur la fin de vie, prônant "une procédure" - avec l'accord du patient, de sa famille et l'avis de médecins - pour "encadrer" l'euthanasie.

Aux deux-tiers de l'émission, un vif débat l'a opposé à Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, qui l'a interpellé sur des sujets sensibles comme la présence française en Afghanistan, le nucléaire et l'immigration.

Les deux hommes se sont affrontés sur divers points, le socialiste accusant l'UMP d'avoir "matraqué les catégories populaires" et augmenté la TVA tandis que le maire de Meaux lui reprochait de vouloir "mettre en l'air la réforme des retraites".

"Vous n'allez pas être jugé sur cette émission. Vous préparez 2017, soyez patient", a ironisé François Hollande à l'adresse du chef de l'UMP, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles pour les années à venir.

Elizabeth Pineau et Marine Pennetier, édité par Nicolas Delame

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