[scald=82663:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, a promis jeudi aux syndicats d'accroître leur pouvoir et celui des organisations patronales s'il est élu en mai.

Il s'agirait d'inscrire dans la Constitution l'obligation d'une concertation avec les partenaires sociaux avant l'examen au Parlement d'un texte de loi sur les sujets sociaux .

"Un président, une majorité parlementaire ne peuvent décider de tout sur tout", a dit François Hollande à des journalistes, même si "une direction ferme sera fixée" par l'exécutif.

"Aucun projet de loi, aucune proposition de loi ne pourrait venir en débat au Parlement sans qu'il y ait eu au préalable une phase de concertation lorsque le sujet porte sur les questions sociales", a-t-il ajouté après avoir rencontré François Chérèque, le numéro un de la CFDT, dernier syndicat à être reçu.

François Hollande a précisé qu'il rencontrerait les organisations patronales au mois de février.

Le candidat socialiste a répété qu'il tiendrait une première grande concertation avec les partenaires sociaux au lendemain des élections pour définir un agenda sur cinq ans.

"J'ai cru comprendre -mais je ne veux pas les engager car ce serait contraire même à la méthode que je viens de définir- que les partenaires sociaux, en tout cas pour les salariés, étaient tout à fait sensibles à cette démarche", a-t-il dit.

"C'est une logique de coproduction qui s'écarte de la logique de convocation qui a été la règle depuis maintenant cinq ans."

"CONTRADICTION MAJEURE"

François Hollande a dit n'avoir aucun doute que des avancées sur la question du chômage partiel seraient décidées lors du sommet du 18 janvier avec les partenaires sociaux à l'Elysée.

Mais il a jugé "contradictoire" que la défiscalisation des heures supplémentaires décidée après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007 soit maintenue en parallèle.

"Dans un cas il y aurait une aide de l'Etat pour travailler moins et de l'autre une aide de l'Etat pour travailler plus! Nous sommes là dans la contradiction majeure que la politique du gouvernement a fini par révéler", a-t-il dit.

Il a critiqué au passage le désir du gouvernement de présenter une réforme du droit du travail d'ici l'élection présidentielle alors que "la négociation n'a pas été engagée".

S'il est élu, François Hollande prévoit notamment de moduler le niveau des cotisations chômage en fonction du contrat de travail (plus élevé pour les CDD et l'intérim que pour les CDI), de créer un "contrat de génération" pour aider les entreprises qui embauchent un jeune en CDI et s'engagent à conserver un salarié âgé, et de réformer le financement de la protection sociale.

Il a critiqué sur ce dernier point le projet de "TVA sociale" du gouvernement, une décision "brutale, impréparée, et avec des conséquences qui peuvent être tout à fait fâcheuses pour la croissance".

Jean-Baptiste Vey

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