Le président de la République rencontrera mercredi le pape François, trois semaines après l'assassinat d'un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray.

François Hollande sera reçu mercredi au Vatican par le pape
François Hollande sera reçu mercredi au Vatican par le pape © Maxppp / ROPI

Le 26 juillet dernier, deux jeunes hommes assassinaient en pleine messe le père Jacques Hamel, dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen. Suite à cet attentat, le président François Hollande s'était dit "frappé par la capacité des responsables religieux à proposer des réponses et à trouver des mots pour rassembler". Mercredi, le chef de l'Etat sera reçu par le souverain pontife au Vatican, en audience privée. Il ne devrait donc pas y avoir de déclaration à la presse à l'issue de cette rencontre.

On n'imaginerait pas le président actuel faire valoir, comme Nicolas Sarkozy la semaine dernière, que l'Etat de droit n'a rien à voir avec les tables de la loi de Moïse, gravées sur le Mont Sinaï. On se souvient de l'ex-chef de l'Etat, fin décembre 2007, reçu par Benoit XVI. Il avait déclaré : «les racines de la France sont essentiellement chrétiennes».

François Hollande, lui, a toujours eu un rapport dépassionné à la religion. Il croit en une République profondément laïque. L'insurrection des catholiques contre le mariage pour tous l'a d'ailleurs désarçonné, il ne s'attendait pas à cette violence. Sa première visite au Vatican, la seule jusqu'ici, s'est tenue en janvier 2014. C'était sept mois après la légalisation du mariage homosexuel et le rendez-vous entre les deux hommes avait été très formel, sans grand relief.

Il y a eu ensuite, l'imbroglio Laurent Stefanini. L'ancien chef du protocole de l'Elysée avait été choisi pour être ambassadeur du Saint Siège, mais la révélation de son homosexualité l'a disqualifié. La France est restée plus d'un an sans représentation. Depuis il y a eu la COP 21 et l'entregent bienvenu du Vatican pour faciliter la négociation avec des pays récalcitrants, comme le Nicaragua. Et puis l'assassinat du père Hamel. Le président de la République avait alors réagi : "lorsqu'un prêtre est attaqué, c'est toute la France qui est meurtrie".

Le pape a prévu également une visite en France, mais sans doute pas avant 2018, afin d'éviter prudemment la campagne présidentielle.