[scald=104157:sdl_editor_representation]MARSEILLE (Reuters) - François Hollande a répliqué mercredi à Marseille au discours prononcé trois jours plus tôt par Nicolas Sarkozy à Villepinte, opposant sa "cohérence" à l'"improvisation" de son concurrent.

"Il faut donner enfin un successeur de gauche à François Mitterrand à la présidence de la République (...) Il faut qu'une page se tourne et qu'une autre s'écrive", a-t-il dit au terme d'une heure et quart de discours devant quelque 10.000 personnes réunies dans et autour du Dôme de Marseille.

Le candidat socialiste a complété ses propositions, annonçant 20 heures de formation par an pour les jeunes sortis de l'école sans diplôme sans limite de temps, et la fin des "zonages" qui stigmatisent selon lui les quartiers défavorisés.

"Il est possible que gagnions, ce serait même souhaitable, mais nous n'en sommes pas sûrs", a-t-il déclaré, à l'heure où les sondages mesurent un rapprochement de sa cote avec celle de Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote, à 39 jours du premier tour.

François Hollande a répliqué aux "aidez-moi" de Nicolas Sarkozy à Villepinte en appelant à la volonté du peuple.

"La victoire, nous irons la chercher parce que nous en serons dignes et que nous en serons fiers", a-t-il dit. "Je ne vous demande pas votre aide, je n'ai pas besoin d'aide, de secours, j'ai simplement besoin de la volonté du peuple Français de changer".

Le chemin qui mène à la victoire sera "un parcours du combattant pour la démocratie, pour la justice", a-t-il prévenu.

"Je ne vous demande pas de gagner pour moi-même. Je ne veux rien pour moi, je ne vous parle pas de moi, j'ai cette pudeur, j'ai cette réserve, parce que je veux parler de la France", a ajouté François Hollande pour encore marquer le contraste avec celui qu'il appelle le "candidat sortant".

LA FORCE D'UN PRÉSIDENT NOUVEAU

A la "virevolte" et à "l'improvisation" du président, il a opposé son souci de "cohérence".

François Hollande a brocardé la décision de Nicolas Sarkozy de remettre en cause certains traités européens et notamment l'accord de Schengen sur la circulation en Europe.

"Un président sortant ne peut pas avoir la force d'un président nouveau", a-t-il dit à propos de son propre choix de renégocier le traité européen sur la discipline budgétaire.

"Les exilés fiscaux n'ont rien à craindre, rien à craindre de lui !", a-t-il aussi lancé à propos d'une autre proposition du chef de l'Etat.

Tout au long de son discours où les mots "espoir" et "République" ont été souvent prononcés, François Hollande a pris Marseille en exemple.

"J'aime Marseille parce que cette ville a donné l'hymne de la République, la Marseillaise, elle a donné le travail, le labeur de ses hommes et de ses femmes et en même temps elle se sent, je le sais, abandonnée par l'Etat", a-t-il dit.

"Je mesure aussi le poids des inégalités, l'intensité des violences, l'insupportable injustice, la brutalité des ségrégations", a souligné le député de Corrèze. "À la loi de la force arrivera maintenant la force de la loi."

Dans une ville où "le chômage des jeunes atteint 30%, 40% selon les quartiers", François Hollande a longuement parlé de la jeunesse et d'emploi, deux piliers de son programme.

"A Marseille quelle jeunesse, quel talent, quelle capacité de développement, quelle volonté de faire confiance", a-t-il déclaré, formant le voeu d'être en 2013 le président qui inaugurera Marseille, capitale européenne de la culture.

On pouvait reconnaître dans l'assistance de nombreux élus locaux, la veuve de l'ancien maire de Marseille Gaston Defferre, l'écrivain Edmonde Charles-Roux et l'ancien président de l'Olympique de Marseille, Pape Diouf.

Jean-François Rosnoblet, avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Yves Clarisse

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