[scald=83471:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

FORT-DE-FRANCE, Martinique (Reuters) - "Tchimbe red, na moli !" ("Tenez bon!"). Sur la jetée de Fort-de-France où le soleil vient de se coucher, François Hollande serre la main de quelques passants du dimanche.

"Que faites-vous pour le chômage ?", lui demande-t-on sur son passage. "Mettez-nous en confiance !" "Voilà, c'est le mot", répond le candidat.

Au deuxième jour de sa tournée aux Antilles, le candidat socialiste s'est offert une première rencontre directe avec des habitants.

La veille en Guadeloupe, il avait annulé une rencontre avec une association carnavalesque, autant pour des raisons d'agenda que par envie de placer sa campagne sous le signe de la sobriété en ces temps de crise, dans des départements d'outre-mer touchés de plein fouet par le chômage, la violence et la vie chère.

"Je suis le candidat, aujourd'hui, de l'espérance lucide", a-t-il dit lors d'un meeting à Fort-de-France, reprenant des mots d'Aimé Césaire. Le poète et homme politique martiniquais disait ainsi : "Je suis du côté de l'espérance mais d'une espérance conquise, d'une espérance lucide".

Au terme de deux jours aux Antilles sans festivités, François Hollande a évoqué "le souci d'être en phase avec ce qui peut tourmenter le pays, qui n'a pas envie nécessairement qu'on se donne en spectacle".

"Une campagne, ce n'est pas seulement des promesses et des embrassades", a-t-il expliqué à la presse. "Ce sont des engagements qui doivent être tenus et une population qui doit être respectée".

Avant son meeting du soir au parc culturel Aimé Césaire, le candidat a déposé une gerbe sur la stèle à la mémoire des 152 Français, Martiniquais pour la plupart, morts dans le crash d'un avion de la West Caribbean le 16 août 2005 au Venezuela.

HALTE EN GUYANE

Au long de sa tournée aux Antilles et en Guyane, François Hollande a bataillé à distance avec Nicolas Sarkozy, qui a annoncé son intention de s'adresser prochainement aux Français pour leur tenir "un discours de courage et de vérité".

"Moi, je ne me suis jamais fixé un objectif par rapport à une agence, je n'ai jamais dit qu'il fallait conserver le triple A à tout prix pour ensuite être obligé de constater sa perte", a-t-il dit à l'adresse du chef de l'Etat après la dégradation de l'agence Standard & Poor's survenue vendredi soir.

"Nous avons un adversaire dans cette campagne. Ce n'est pas la droite, c'est le capitalisme financier", a-t-il dit lors de son meeting tenu devant un millier de personnes enthousiastes.

"Hollande président", a repris la foule, qui a aussi scandé le slogan du candidat "Le changement, c'est maintenant", et l'a encouragé avec des "en nou allé" ("Allons-y")

Face à la montée de l'extrême droite, François Hollande a invité les outre-mer, qui représentent environ 1,7 million d'électeurs, à se mobiliser dès le premier tour pour "ne plus revivre un 21 avril 2002, jamais".

S'il a fait peu de propositions, François Hollande a posé lors de ce voyage son désir de "remettre les outre-mer au coeur de la République", en rupture avec "la relation entre Nicolas Sarkozy et l'outre-mer, qui oscille entre mépris et condescendance", dit Harlem Désir, le numéro deux PS, qui accompagne le candidat dans ce voyage.

"Nous ne sommes pas dans la quémande de quoi que ce soit, nous avons une dignité de peuple", a lancé le député Serge Lechtimy. "Je ne suis pas un 'outre-mérien', un 'domien', je suis Martiniquais".

"Je propose la république unie, plurielle, multiculturelle et donc respectueuse des identités et des différences", lui a répondu François Hollande, en référence à Aimé Césaire, qui se plaisait à dire "liberté égalité fraternité mais surtout, identité".

François Hollande est attendu lundi en Guyane pour une visite de quelques heures, avant de rentrer en métropole.

Edité par Eric Faye

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