Il avait promis de ne pas replonger dans le commentaire politique mais n'aura pas tenu trois mois. François Hollande a critiqué lundi la politique d'Emmanuel Macron.

A Angoulême, François Hollande s'en est pris à Emmanuel Macron
A Angoulême, François Hollande s'en est pris à Emmanuel Macron © AFP / Yohan BONNET

"Il ne faudrait pas demander des sacrifices aux Français qui ne sont pas utiles." François Hollande est sorti lundi de sa réserve. En marge du festival de cinéma d'Angoulême, l'ancien président de la République a alerté son successeur sur les risques d'une trop grande flexibilisation du marché du travail, susceptible d'entraîner des "ruptures".

François Hollande avait pourtant promis une certaine retenue à son départ de l'Élysée, de Ne pas replonger dans le petit jeu du commentaire politique. Une manie qui lui avait été tant reprochée lorsqu'il était aux commandes.

Mais l'ancien chef de l'État n'aura finalement tenu qu'un peu plus de 100 jours avant de ressortir son vieux costume de professeur face à celui qu'il considérait jadis comme son élève et de commenter alors que les négociations autour de la réforme du droit du travail font l'actualité cette semaine.

François Hollande veut-il devenir l'opposant n°1 d'Emmanuel Macron ?

Cette pique de François Hollande trouve au fond une explication plus profonde. Qu'importe le "manque de décence" que lui reproche l'entourage d'Emmanuel Macron, l'ex-président n'a pas supporté que l'exécutif lui reproche un héritage malheureux : cette dette de 8 milliards d'euros avancée par le Président et ses proches pour expliquer les "coups de rabot" appliqués un peu partout.

François Hollande pousse au contraire la critique jusqu'à mettre en avant les derniers résultats économiques favorables pour rappeler au fondateur d'En Marche ! que sa politique a porté ses fruits. Et va jusqu'à inviter Emmanuel Macron à inscrire son action en continuité de la sienne.

François Hollande prend néanmoins le risque d’apparaître comme un donneur de leçon. D'ailleurs, certains de ses amis fidèles parmi les fidèles ne cautionnent pas cette sortie. Mais surtout l'ancien président socialiste cherche à occuper une place qui n'est pour l'instant trustée que par Jean Luc Mélenchon : celle d'opposant numéro un à Emmanuel Macron.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.