[scald=81431:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Hollande a estimé lundi que les critiques formulées à son égard par François Fillon lors de ses voeux montraient qu'il devait "faire peur" au Premier ministre.

Lors de ses voeux à la presse, le chef du gouvernement a accusé le candidat socialiste à l'élection présidentielle de "catastrophisme rustique" et de "diabolisation infantile".

"Je dois faire peur pour que le Premier ministre (me) consacre quelques minutes de ses voeux aux Français. Il pourrait les rassurer, leur dire 'tout va bien, nous avons dirigé le pays' plutôt que de parler de moi", a ironisé François Hollande sur Canal +.

"Mais en disant que la France est en mauvais état, je ne fais que traduire ce que constatent mes compatriotes", a ajouté le député de Corrèze.

"Ce n'est pas agréable de voir que nous avons un million de chômeurs de plus qu'en 2007, ce n'est pas satisfaisant de constater que nous avons une dette augmentée de 600 milliards d'euros depuis 2007, ce n'est pas tout à fait grisant que d'imaginer que nous aurons des déficits qui vont être encore supérieurs à 5,5% de la richesse nationale", a-t-il dit.

A presque 100 jours du premier tour de l'élection, le 22 avril, François Hollande a prédit une campagne "rude".

"La campagne doit être rude dans le sens où des arguments doivent être échangés, où les bilans doivent être exposés, notamment du sortant", a-t-il estimé.

Plus tôt dans la journée, le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici, avait dénoncé la parole "méprisante" de François Fillon.

"François Fillon ne voit pas la France comme elle est. La France est un pays qui souffre, qui a conscience de cinq années gâchées", a-t-il déclaré à la presse.

"Donc c'est une parole à la fois désagréable, méprisante et profondément inexacte", à ajouté l'ancien ministre.

Pour Delphine Batho, porte-parole de François Hollande, François Fillon "entonne désormais le fameux 'tout va très bien Madame la marquise', alors qu'il est le Premier ministre d'une France en faillite".

"Il a choisi pour ses voeux la contradiction, l'incohérence avec sa propre pensée et le mensonge", ajoute la députée des Deux-Sèvres dans un communiqué.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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