François Holllande dans "Dialogues Citoyens" sur France 2
François Holllande dans "Dialogues Citoyens" sur France 2 © MaxPPP

Invité de France 2 jeudi soir, le président a peiné à convaincre les journalistes et les quatre Français qui l'ont interrogé. L'objectif était de "recréer du lien et redonner du sens à son action". Un pari à moitié réussi, au mieux.

Pour la pédagogie, c’est mission accomplie pour François Hollande, qui a effectivement profité de l’émission pour énumérer ce qu’il avait fait depuis quatre ans… Les mesures "pour moderniser l’économie, tout en protégeant le modèle social français" . Le CICE, par exemple, qui profite aux entreprises mais aussi aux salariés, les droits rechargeables pour les chômeurs, ou encore la loi El Khomri dont il jure qu'elle favorisera l’embauche en CDI, et pas dans la précarité du CDD.

Même ton didactique sur l’immigration (le Front national présenté comme "un remède pire que le mal" ), sur la prévention du djihadisme etsur la jeunesse, que François Hollande assure ne pas avoir abandonnée . L’apprentissage, les bourses universitaires, les postes dans l’éducation nationale ou la garantie jeune, tout ça c’est pour améliorer son sort, promet le président. "Je ne vais pas stimuler quand même les embauches en CDD", lance-t-il ainsi à une chef d'entreprise très critique sur la taxation des contrats courts.

Recadrage dans ses rangs

Interrogé sur les ambitions de son ministre de l'Économie Emmanuel Macron, le président invoque le maître-mot selon lui : "loyauté". "Il sait ce qu'il me dit", glisse François Hollande. "Il a été mon conseiller, il doit être dans l'équipe, sous mon autorité". Pas question donc, de le voir comme un possible rival, d'autant que le chef de l'État affirme qu'il décidera s'il se représente ou non à la fin de l'année.

Recadrage aussi pour Manuel Valls, qui a lancé la semaine dernière une polémique sur le voile à l'université. Polémique dans laquelle il se sent plutôt seul depuis : après le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur Thierry Mandon (qui rappelle que selon "tous les présidents d'université, il n'y a pas de problème"), c'est François Hollande lui-même qui affirme assez sèchement qu'il n'y aura "pas de loi" sur la question.

Le contact est rompu

Pédagogie réussie donc, mais ces 90 minutes ont-elles permis de recréer du lien avec les Français , de redonner du sens à son action ? Rien n’est moins sûr.

Si l'on a senti une volonté de renouer avec la gauche qui l’a lâché, on a senti aussi un président sur la défensive, bousculé par les quatre Français venus l’interroger . Un président prudent, tellement prudent qu’il en était presque barbant. Pas de vision, pas d’émotion, pas d’élan mobilisateur… loin du nouveau souffle que certains espéraient tant dans son camp.

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