Inauguration du musée de l'histoire de l'immigration
Inauguration du musée de l'histoire de l'immigration © Radio France / Bruno Levesque

Le président de la République inaugurait lundi soir le Musée de l'histoire de l'immigration. L'occasion pour lui de prononcer pour la première fois un discours défendant l'immigration en France, dans un contexte politique particulièrement polémique.

Nicolas Sarkozy n'avait jamais pris le temps d'inaugurer ce musée parisien, pourtant ouvert au public en octobre 2007. Et son successeur, François Hollande, n'a pas manqué de le rappeler dans son discours.

C'est comme si l'immigration était un sujet difficile, dont il vaudrait mieux ne pas parler, ou alors avec certains mots et dans certaines circonstances.

Sur l'immigration, François Hollande défend le système actuel, refusant par exemple de remettre en cause le fameux espace Schengen tant décrié à droite. Mais avec des gardes-fous : "la libre circulation, acquis fondamental de l'Europe, ne peut pas être détournée pour mettre nos salariés dans une concurrence déloyale". Il défend aussi la réforme de l'asile examinée par les parlementaires, un "droit constitutionnel qui est au coeur du pacte républicain".

Il souhaite également un "véritable parcours d'intégration", avec "remise de titres de séjousr pluriannuels" pour les étrangers "légalement arrivés en France". Tout comme le "droit de vote des étrangers aux élections locales", mais seulement s'il y a "un accord entre les forces républicaines". Enfin, François Hollande annonce, "la naturalisation pour tous les étrangers âgés de plus de 65 ans qui ont vécu plus de 25 ans en France".

De Gaulle à la rescousse

Le président de la République ne s'est pas privé d'évoquer aussi "les démagogues", qui "attisent les peurs et utilisent les manquements aux règles communes pour justifier le rejet [des immigrés]". Visant, sans le nommer, le Front national qui a fait de cette thématique l'un des fondements de son discours.

Rien de neuf dans les discours d'aujourd'hui, les étrangers sont toujours accusés de venir prendre l'emploi des Français, de bénéficier d'avantages sociaux. Mais les études montrent qu'ils contribuent davantage qu'ils ne bénéficient du système.

Un discours intolérable, pour François Hollande, qui fustige également la peur de l'Islam, "présenté d'une façon inacceptable par certains comme incompatible avec la République". Tout en rappelant que "la laïcité doit être érigée en valeur fondamentale, c'est une école du respect de la règle commune et une reconnaissance de la liberté de croire ou de ne pas croire". Une laïcité qu'il souhaite voir célébrer tous les 9 décembre, "jour anniversaire de la loi de 1905". De quoi ménager les plus fervents défenseurs de la laïcité.

C'est d'ailleurs en citant une référence absolue de la droite, le général de Gaulle, que François Hollande résume son propos sur l'immigration : "Est Français celui qui souhaite que la France continue".

► ► ► SUR LE WEB | Extraits du discours de François Hollande sur son compte Twitter

Origine des immigrés en France
Origine des immigrés en France © IDÉ
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