[scald=99323:sdl_editor_representation]LYON (Reuters) - "Mon projet, c'est la France réconciliée", a déclaré jeudi François Hollande en meeting à Lyon, au terme d'une journée marquée par des incidents contre Nicolas Sarkozy à Bayonne auxquels le candidat socialiste a fait une légère allusion.

Pour sa troisième grande réunion publique en régions après Le Bourget et Rouen, le député PS s'est adressé à "la France, notre France", qu'il a dit vouloir "réconcilier".

François Hollande a fustigé le "pouvoir sortant" et ses "privilèges" mais n'a évoqué que de loin les incidents survenus en marge d'un déplacement de Nicolas Sarkozy dans les Pyrénées-Atlantiques, pour lesquels le candidat-président a réclamé condamnation de la part de son adversaire.

"Nous devons être au niveau qu'exige la gravité du moment, ne jamais céder à la polémique inutile, à la violence verbale et encore moins à la violence physique", a dit François Hollande.

"Le seul droit que nous avons dans une République quand nous voulons changer, c'est le droit de manifester autant que nécessaire", a-t-il ajouté. "Mais c'est aussi le droit, le devoir même, d'utiliser son bulletin de vote pour réussir le changement".

Avant le meeting, ses proches avaient commenté les incidents de Bayonne, où Nicolas Sarkozy a dû être protégé par des CRS contre des manifestants socialistes et indépendantistes basques. "François Hollande se grandirait en condamnant ces comportements", a dit le chef de l'Etat.

Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande, a regretté ces heurts sur BFM-TV. "Nous sommes évidemment opposés à toute violence", a-t-il dit.

"PRIVILÈGES"

Michel Sapin, chargé du projet du candidat PS, a repoussé les accusations visant les socialistes.

"Quand on est candidat, on n'est plus président de la République, on n'est plus protégé par des centaines et des centaines de CRS qui évacuent toute population à plusieurs kilomètres à la ronde", a dit l'ancien ministre sur I> Télé.

Devant plus de 12.000 personnes réunies à Lyon, selon le PS, dont 3.000 devant un écran géant installé à l'extérieur, François Hollande a déroulé son programme pour "la France, notre France".

"Je veux réconcilier les générations dans l'entreprise", a-t-il dit à propos du "contrat de générations" qu'il veut mettre en place.

"Je veux réconcilier la France avec le progrès", a-t-il aussi déclaré. "Je veux réconcilier les Français avec l'idée de la République, l'égalité, et d'abord l'égalité salariale entre les hommes et les femmes".

Tout le début de son discours était ciblé contre "le pouvoir sortant" dont il a dénoncé "les privilèges".

"C'est le pouvoir sortant qui a permis à certains de payer moins d'impôts tout en gagnant plus d'argent, c'est le pouvoir sortant qui a protégé par un bouclier fiscal les plus fortunés de peur qu'ils ne s'exilent (...) Et bien je vous l'annonce : ce temps-là est terminé".

François Hollande a reconnu que son projet de taxe à 75% des Français qui gagnent plus d'un million d'euros par an n'avait "pas vocation à rapporter un seul euro au budget de l'Etat" mais relevait "d'une forme de patriotisme dont le pays a besoin".

Au terme d'une heure quinze de discours devant un public enthousiaste où l'on reconnaissait le comédien Michel Piccoli, il a confié son "grand bonheur d'être candidat à l'élection présidentielle".

Elizabeth Pineau, avec Robert Pratta, édité par Yves Clarisse

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